SNCF : de 11.000 à 13.000 suppressions de postes en vue

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é de la SNCF au milieu des voyageurs le 26 février 2015 à la gare de Lyon-Part-Dieu à Lyon (Photo : Jeff Pachoud)

[24/03/2015 09:28:37] Paris (AFP) Un nouveau rapport remis mardi au Comité central d’entreprise (CCE) de la SNCF prédit un “probable nouveau repli significatif” des effectifs du groupe public, de l’ordre de 11.000 à 13.000 postes dans les cinq prochaines années.

Cette projection réalisée par le cabinet Secafi et consultée par l’AFP est encore plus sombre que celle présentée au même CCE fin février par le cabinet Degest, qui prévoyait près de 9.000 emplois nets d’ici à 2020.

Pour les responsables CGT du CCE, ce rapport “confirme les risques de déraillement de la nouvelle SNCF”. L'”insoutenable” équation financière qu’il souligne “risque d’entrainer, d’ici 2020, la suppression de près d’un emploi de cheminot sur dix, une réduction significative du réseau et une condamnation, à plus ou moins long terme” des trains Intercités et de marchandise”, écrivent-ils dans un communiqué.

Secafi précise avoir travaillé sur le plan stratégique que le groupe public doit encore “négocier et contractualiser avec l’Etat” en 2015. Conséquence de la réforme ferroviaire votée l’été dernier, le groupe public a changé de périmètre et d’organisation au 1er janvier et réunit maintenant les 149.000 salariés de la SNCF et 1.500 employés de Réseau ferré de France (RFF).

L’objectif de “stabiliser la dette à un horizon de moyen terme” crée une “pression préjudiciable” à l'”assise industrielle” du groupe et à sa capacité à organiser les mobilités nécessaires, affirme le cabinet.

Sur la base d’un scénario de dette à 56,7 milliards d’euros en 2020 contre 45 en 2014, le cabinet chiffre à 4,8 milliards d’euros l’effort de productivité interne: 2,5 milliards d’économies espérées de sa fusion avec RFF et 2,3 milliards des divers plans de réduction des coûts engagés.

Au vu des objectifs de productivité et du contexte (libéralisation du marché des autocars, ouverture à la concurrence, restriction des investissements subventionnés), Secafi prévoit la disparition d’ici à 2020 de 11.000 à 13.000 postes au sein du groupe (hors filiales et RFF). Soit un rythme accéléré par rapport aux cinq dernières années (-4.500 suppressions de 2010 à 2015), très proche de la période 2005-2010 (-14.200).

Dans le détail, il anticipe une réduction de 8.000 postes chez l’exploitant SNCF Mobilités, et une perte de 3.000 à 5.000 dans l’établissement SNCF Réseau, en charge de l’infrastructure. Pour assurer son vaste plan de rénovation au moment où les départs en retraite sont nombreux, “le développement de partenariats industriels et l’accroissement du recours à la sous-traitance sont les solutions privilégiées” par la SNCF, souligne Secafi.

Une tendance “déplorée” auprès de l’AFP par l’Unsa, qui relève que “les embauches au statut n’ont plus la cote alors que la charge de travail augmente à SNCF Réseau”.

Le cabinet Secafi formule une série de préconisations, dont la mise en place “au plus tôt d’une véritable politique de GPEC (Gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences, ndlr)” afin de favoriser “la mobilité choisie”. Sur ce sujet, les discussions doivent s’ouvrir prochainement.