Céréales : La Russie va introduire des barrières douanières pour limiter les exportations

08ba4ffe6bddc832a455d3e40f3ef866f89a4d44.jpg
é dans le sud de la Russie, dans la région de Stavropol, le 9 juillet 2014 (Photo : Danil Semyonov)

[22/12/2014 11:43:30] Moscou (AFP) Le gouvernement russe a annoncé lundi l’introduction prochaine de barrières douanières pour réduire les exportations de céréales, espérant ainsi augmenter la demande et faire baisser les prix sur le marché intérieur, dopés par la chute du rouble.

Cette mesure va être mise au point et présentée au Premier ministre Dmitri Medvedev sous 24 heures, a indiqué le vice-Premier ministre Arkadi Dvokovitch, cité par les agences russes lors d’une réunion gouvernementale.

La chute du rouble, qui rend les exportations plus compétitives pour les agriculteurs, a conduit à une forte hausse des prix du blé en Russie malgré une des moissons les plus abondantes jamais enregistrées à 104 millions de tonnes de céréales.

“Nous avons une bonne récolte mais dans le même temps, à cause de la volatilité du rouble, les prix sont très avantageux et les exportations ont notablement augmenté”, a déclaré M. Medvedev.

“Nous devons disposer de réserves minimales qui assurent la sécurité alimentaire de la Russie. Dans ce contexte, je pense qu’il est temps de réfléchir à des restrictions administratives des exportations”, a-t-il ajouté.

Selon M. Dvorkovitch, la Russie a exporté depuis juillet 21 millions de tonnes, sur un potentiel total annuel de 28 millions.

Les cours du blé ont bondi de plus de 4% la semaine dernière sur le marché des matières premières de Chicago, les opérateurs craignant la mise en place d’un embargo Par Moscou.

Les autorités russes ont démenti la semaine dernière considérer cette option, appliquée en 2010 après une sécheresse ayant conduit à une mauvaise récolte.

Mais dans les faits, les autorités sanitaires ont cessé de délivrer la semaine dernière les certificats nécessaires aux exportations. La société de chemin de fer s’est en outre déclarée dans l’incapacité de transporter les cargaisons de céréales vers les ports.

Ces deux développements ont été interprétés comme une manière déguisée de freiner les exportations. Empêchés de facto d’opérer, les grands exportateurs, réunis au sein de l’Association nationale des exportateurs agricoles, ont annoncé vendredi la suspension de leurs achats de céréales “tant que la situation concernant la disponibilité des céréales et leurs prix ne sera pas stabilisée”.

La fédération des producteurs céréaliers a prévenu lundi que ces limitations pourraient conduire à une baisse des semis et donc de la prochaine récolte, menaçant les revenus des agriculteurs.