Le Mondial, grosses audiences, grosses pertes pour les télés

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à journaux à Rio de Janeiro, le 13 juin 2014 (Photo : Yasuyoshi Chiba)

[14/06/2014 08:09:46] Paris (AFP) Avec parfois plus de 20 millions de téléspectateurs, les matches du Mondial dominent les audiences télé françaises depuis 25 ans, mais à perte: les recettes publicitaires sont loin de couvrir les droits.

L’édition 2014 s’annonce tout aussi populaire: le match d’ouverture Brésil-Croatie, jeudi, a rassemblé 8,7 millions de téléspectateurs sur TF1 (47% de part d’audience), un record pour la chaîne pour un match d’ouverture sans les Bleus.

Depuis 1989, les matches de la Coupe du Monde ont représenté trois des cinq meilleures audiences et la moitié des 20 plus grosses audiences, indique Médiamétrie. La palme revient à la demi-finale Portugal-France du 5 juillet 2006, avec 22,2 millions de supporters (76,8% de l’audience).

Seul autre événement sportif à pouvoir rivaliser, l?Euro 2000, qui avait couronné l?équipe de France deux ans après sa victoire de 1998, et figure à trois reprises dans le Top 20 depuis 1989. D?autres compétitions peuvent parfois approcher les scores du Mondial si la France va loin dans la compétition, par exemple la Coupe du monde de rugby 2011.

Les fans regarderont à 96% le Mondial à la télévision et les hommes représentent plus de 60% de l’audience des matches. Internet servira pour les commentaires: 21% prévoient de commenter ou suivre les réactions des internautes sur les réseaux sociaux. A noter que 15% des Français comptent suivre la Coupe du Monde sur leur lieu de travail.

– Records d?audience dans tous les pays –

Les scores les plus élevés ont été enregistrés en Allemagne, avec 31,1 millions de supporters devant la demi-finale Allemagne-Espagne de 2010, et 29,7 millions devant la demi-finale Allemagne-Italie de 2006, quand l’Allemagne était pays hôte.

En Italie, le match le plus suivi a été la demi-finale Italie-Bulgarie en 1994, avec 26 millions de supporters. Aux Pays-Bas, la finale 2010 contre l’Espagne a réuni 8,5 millions de téléspectateurs, plus de 90% de l’audience.

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ésil-Croatie, à Pékin le 13 juin 2014 (Photo : Greg Baker)

En France, l’audience fluctue en fonction des résultats des Bleus. En 2006, quand la France est allée en finale (contre l’Italie), l?audience moyenne était de 6,8 millions par match mais de 19,2 millions (73% de pda) pour les sept matches des Bleus.

En 2010 en Afrique du Sud, l?équipe de France ne passe pas le premier tour et l?audience moyenne se tasse à 4,9 millions par match et 12,8 millions pour les trois matches français.

Quand la France arrive en finale, les scores s’envolent: près de 20,6 millions de supporters (75,6% de pda) pour la victoire du 12 juillet 1998 et près de 22,2 millions (80,4%) pour la défaite face à l?Italie le 9 juillet 2006. Quand la finale est étrangère, l’audience est moindre: 12,2 millions pour Brésil-Allemagne en 2002 et 14,1 millions pour Pays-Bas-Espagne en 2010.

Mais même si les Bleus gagnent, les recettes publicitaires ne couvriront pas les droits de diffusion, selon les analystes. TF1, qui a acquis la diffusion exclusive du Mondial pour 130 millions d’euros, en a revendu une partie à la chaîne payante BeIn Sports et n’a gardé que les 28 meilleurs matches, dont ceux des Bleus. BeIn, qui pourra diffuser les 64 matches, aurait payé 50 millions, selon la presse.

TF1 vendra ses espaces publicitaires au prix fort: 165.000 à 280.000 pour un spot de 30 secondes à la mi-temps, le prix le plus élevé étant réservé à une finale avec la France. Philippe Nouchi, directeur de l’expertise média de Vivaki Exchange (groupe Publicis) prévoit des recettes totales pour TF1 de 49 à 61 millions d’euros, selon le parcours des Bleus, dont 1,5 à 2 millions pour le numérique. Des sommes loin de couvrir les droit.

Mais pour TF1, ce n’est pas une question de profit (le PDG, Nonce Paolini, avait d’ailleurs déclaré l’an dernier ne jamais gagner d’argent avec les matches) mais de rester en tête des classements d’audience, pour garder son image de chaîne premium.

Ce sera aussi une opération déficitaire pour BeIn, filiale du groupe qatari Al-Jazira, qui ne vend son abonnement que 12 euros par mois, mais qui cherche surtout à gonfler le nombre de ses abonnés, actuellement de 1,7 million.