Premier pas vers l’espace pour un robot-gecko

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à six pattes capable de passer de surfaces verticales à des surfaces horizontales, diffusée le 2 janvier 2013 (Photo : -)

[02/01/2014 16:25:36] Paris (AFP) Un petit robot inspiré du gecko, lézard capable d’adhérer aux surfaces les plus lisses, pourrait bientôt se hisser dans l’espace pour effectuer à la place des astronautes des réparations périlleuses.

Les six pattes de l’engin sont tapissées de microfibres spéciales, un matériau adhésif “sec” imitant les poils dont sont dotées celles du gecko. Elles fonctionnent parfaitement dans des conditions de vide et de température similaires à celle de l’espace, explique l’Agence spatiale européenne (ESA) dans un communiqué.

“Cette approche est un bon exemple de biomimétisme, qui va chercher des solutions technologiques dans la nature”, explique le responsable de l’équipe, Michael Henrey, de l’Université Simon Fraser au Canada.

Le bout des pattes du gecko est recouvert de millions de poils microscopiques et élastiques disposés selon un certain ordre, qui lui permettent d’exploiter un phénomène appelé “forces de van der Waals”.

Ce phénomène, une interaction électrique de faible intensité entre molécules, s’explique par les lois de la physique quantique à une échelle infiniment petite. Il crée sous les pattes du lézard une force de compression capable de le “coller” à une vitre ou une surface lisse verticale.

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à six pattes capable de passer de surfaces verticales à des surfaces horizontales, diffusée le 2 janvier 2013

Les chercheurs sont parvenus à construire un robot de 240 grammes, baptisé Abigaille, dont les six pattes reproduisent le même procédé.

Certes, les soies couvrant les pattes du gecko sont beaucoup plus petites que celles du robot – 100 à 200 milliardièmes de mètre de diamètre, mille fois moins qu’un cheveu humain – mais suffisent largement à soutenir le poids du robot, selon M. Henrey.

Une série de tests menés dans les laboratoires de l’ESA à Noordwijk, aux Pays-Bas, ont montré qu’il fonctionnait parfaitement dans des conditions proches de celles de l’espace.

“Ce succès expérimental signifie que son déploiement dans l’espace sera peut-être possible un jour”, estime Laurent Pambaguian, scientifique de l’ESA associé au projet.

Il pourrait alors permettre aux astronautes d’éviter des sorties à haut risque, pour effectuer des réparations ou autres opérations d’urgence à l’extérieur de leur engin, comme celle menée avant Noël par deux Américains qui ont dû remettre en état un circuit de refroidissement de la Station spatiale internationale (ISS).

Les six pattes d’Abigaille sont mobiles dans les quatre directions, ce qui permet au robot-gecko de passer sans tomber d’une surface plane à une paroi verticale. Contrairement à un robot à roues, il pourrait ainsi facilement grimper sur les obstacles émaillant le pourtour d’un satellite qu’il devrait réparer, assure Michael Henrey.

“Améliorer un équipement matériel une fois qu’il est dans l’espace coûte très cher, l’idée serait donc de commencer par envoyer un robot assez généraliste, qui pourrait ensuite être adapté, par le biais de mises à jour informatiques, à différentes tâches qui n’auraient pas été anticipées au début du projet”, explique-t-il.