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| étrole (Photo : Patrik Stollarz) |
[03/04/2013 21:50:05] NEW YORK (AFP) Les prix du pétrole ont plongé de près de 3 dollars mercredi à New York comme à Londres, leur plus forte chute depuis novembre, dans un marché miné par la surabondance des stocks d’or noir aux Etats-Unis et la crainte de voir ralentir la demande mondiale.
A New York, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de “light sweet crude” (WTI) pour livraison en mai a chuté de 2,74 dollars à 94,45 dollars.
Revenu à son niveau de fin février, le WTI a brutalement effacé ses gains du mois de mars, au cours d’une chute d’une ampleur plus vue depuis le 20 novembre, en pourcentage (-2,9%), et depuis le 7 novembre en prix, au lendemain de la réélection du président américain Barack Obama.
Le brut avait alors glissé de 4,27 dollars sur fond d’incertitudes des marchés financiers.
Le mouvement de recul a été encore plus marqué à Londres où le baril de Brent de la mer du Nord pour même échéance a plongé de 3,58 dollars à 107,11 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE), tombant à des niveaux plus vus depuis le 2 décembre.
Il s’agit là aussi de la dégringolade la plus marquée du Brent de référence sur une séance depuis le 7 novembre dernier, en pourcentage et en prix.
Ce plongeon soudain de l’or noir des deux côtés de l’Atlantique marque, pour les analystes, un changement d’humeur des courtiers qui avaient été gagnés en mars par l’optimisme des marchés boursiers et l’euphorie des records en série des grands indices de Wall Street.
L’annonce d’un chômage record en zone euro, des chiffres manufacturiers et d’activité économique décevants aux Etats-Unis, et surtout le choc d’une mauvaise nouvelle dans le secteur clef de l’emploi mercredi, avec les chiffres de l’emploi privé ADP, ont créé les conditions de cette volte-face.
“Et l’annonce de réserves commerciales de brut record aux Etats-Unis en près de 23 ans, depuis la dernière semaine de juillet 1990, avec 388,6 millions de barils en stock fin mars, c’est vraiment la goutte d’eau qui fait déborder le vase”, a commenté James Williams, de WTRG Economics.
La fermeture prolongée de l’oléoduc américain Pegasus, à la suite d’une fuite survenue dans l’Arkansas (sud-est) vendredi, est encore venue renforcer ces derniers jours la nervosité des opérateurs concernant la surabondance de pétrole aux États-Unis, le premier consommateur de brut.
Ces stocks avaient déjà gonflé de 3,3 millions de barils la semaine précédente, soit cinq fois plus que prévu.
“Il y a tout simplement trop de pétrole aux Etats-Unis et la demande reste faible”, a-t-il noté.
Bien qu’importante, la progression hebdomadaire de 2,7 millions de barils enregistrée par les Etats-Unis au cours de la semaine achevée le 29 mars, selon les chiffres du Département américain de l’Énergie (DoE) publiés mercredi, n’était pas totalement inattendue, les experts prévoyant une hausse de 1,5 million de barils.
Mais, “alors que le printemps est traditionnellement une saison de faible demande pétrolière, que les nouvelles économiques en Europe, aux Etats-Unis et en Chine sont loin d’être réjouissantes et à quelques jours de la sortie d’un rapport sur l’emploi américain qui fait trembler le marché, il n’est pas étonnant de voir une telle réaction” des prix, a estimé M. Williams.
En effet, “l’emploi joue un rôle essentiel dans la reprise économique américaine, et la vigueur de la consommation énergétique dans le pays. C’est un secteur critique, très surveillé”, a relevé John Kilduff, de Again Capital.
“La pression monte d’un cran avant vendredi” à la sortie d’un rapport mensuel très attendu sur l’emploi et le chômage aux Etats-Unis, a lui aussi noté Carl Larry, de Oil Outlooks and Opinions.
“Tout signe montrant une faille dans l’armure” du secteur de l’emploi américain, qui connaît une embellie progressive, “représenterait un gros choc et provoquerait une correction” non seulement des prix du pétrole, mais de l’ensemble des marchés financiers américains, selon lui.



