Airbus dévoile son bilan 2012, mystère sur le nombre d’A380 vendus

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Un Airbus A320 masque un A380 (Photo : Johannes Eisele)

[17/01/2013 07:19:45] PARIS (AFP) L’avionneur européen Airbus, qui a cédé l’an passé la place de numéro un mondial à son rival américain Boeing, dévoilera jeudi un bilan commercial 2012 meilleur que prévu, même si les compagnies ont boudé son superjumbo A380.

Le constructeur, principale filiale d’EADS, ménage depuis quelques jours le suspense sur le nombre total de commandes de 2012, multipliant les annonces de contrats signés en décembre.

Au 30 novembre, Airbus avait enregistré 585 commandes nettes (après annulations). Depuis, six autres commandes pour un total de 165 appareils ont été dévoilées, portant à 750 les commandes annuelles connues à ce jour. Et d’autres annonces ne sont pas exclues d’ici jeudi.

“C’est le fameux cinquième trimestre de John Leahy”, le directeur commercial d’Airbus, ironise un analyste, sous couvert d’anonymat.

“2012 sera finalement un bon cru pour Airbus. Alors qu’au début de l’exercice, il attendait entre 600 et 650 commandes brutes (avant annulations), le nombre final sera très largement au-dessus. Cela renforce la justesse de sa stratégie notamment sur la partie +neo+ (ndlr, avion moyen-courrier remotorisé)”, a commenté pour sa part Yan Derocles, spécialiste du secteur chez Oddo Securities.

Les A320 dans leur version classique ou remotorisée ont en effet été les plus prisés, comme son concurrent 737 a été le succès de l’année 2012 pour Boeing.

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usine de Toulouse, le 23 octobre 2012 (Photo : Remy Gabalda)

Pour autant, les analystes soulignent que le rééquilibrage est en cours. Les achats d’avions long-courriers, l’A330 et le futur avion A350 qui doit rivaliser avec le Dreamliner 787 de Boeing, ne sont ainsi pas en reste.

L’A330 va bénéficier de nouvelles innovations quand le programme A350 est sur les rails. Le premier modèle d’essai A350 est sorti du hall d’assemblage début décembre pour les essais au sol avec l’objectif d’une mise en service fin 2014.

La grande inconnue reste le nombre d’A380 effectivement commandés. Début 2012, Airbus a dû composer avec la découverte de fissures sur la nervure des ailes nécessitant des réparations, ce qui a pu inciter les compagnies à retarder leur achat dans l’attente d’une solution technique, désormais validée.

Si les dirigeants ont préparé les marchés en reconnaissant que l’objectif de 30 commandes ne devrait pas être atteint, le chiffre final est encore mystérieux. Neuf commandes ont été enregistrées, dont cinq annoncées vendredi.

L’objectif de livraisons de 30 superjumbos a toutefois été atteint, signe d’une montée en puissance du programme dont l’équilibre financier est attendu pour 2015.

Quel que soit le bilan final, Airbus restera derrière son grand rival américain Boeing et ses 1.203 commandes nettes annuelles. Boeing a bénéficié d’un effet de rattrapage pour son 737 MAX, version remotorisée du 737 qui doit être commercialisé en 2017, deux ans après l’A320neo.

Ce nouveau classement n’est pas une surprise. Airbus avait signé une année 2011 record avec 1.419 avions commandés dont une écrasante majorité de neo.

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ès un vol de démonstration au salon de Farnborough en Angleterre, le 12 juillet 2012 (Photo : Adrian Dennis)

John Leahy avait lui-même prévenu que la part de marché mondial d’Airbus estimée à 64% pour 2011 devait retomber à 50% en 2012.

Le bilan annuel sera, enfin, l’occasion de faire des prévisions pour 2013.

“Cela devrait être l’année de l’A380 en termes de prises de commandes, probablement la meilleure depuis 2001”, prédit M. Derocles.

Les dirigeants devraient aussi être interrogés sur la date du premier vol de l’A350, étape cruciale du programme, souligne Christophe Menard, analyste pour Kepler capital markets, au moment où la rumeur court sur un vol au salon du Bourget, en juin.

Enfin, le spécialiste souligne que “les problèmes en série rencontrés par Boeing sur son 787 pourraient profiter à l’A330 en terme de prises de commandes car l’avion a fait ses preuves, va bénéficier d’innovations et se loue à un tarif plus bas”, ce qui le rend rendre attractif pour des compagnies qui ont des besoins immédiats.