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Andrews dans le Maryland, le 1er juin 2012. (Photo : Yuri Gripas)

[01/06/2012 15:24:05] WASHINGTON (AFP) Les mauvais chiffres du chômage publiés vendredi constituent un grave revers pour le président Barack Obama alors qu’il tente de convaincre les électeurs de lui confier un second mandat à la tête des Etats-Unis.

Seulement 69.000 emplois nets créés en mai, un taux officiel de chômage en hausse de 0,1 point, à 8,2% de la population active: c’est une véritable douche froide que les statistiques du département du Travail ont infligé au dirigeant démocrate, à cinq mois de la présidentielle.

Le républicain Mitt Romney, qui disputera la Maison Blanche à M. Obama le 6 novembre, a immédiatement qualifié ces chiffres de “nouvelle accablante pour les travailleurs américains et les familles américaines”.

Pour lui, il est maintenant “clair pour chacun que les politiques du président Obama n’ont pas atteint leurs objectifs et que l’économie d’Obama écrase les classes moyennes”. “Nous pouvons faire tellement mieux en Amérique. C’est pourquoi je suis candidat à la présidence”, a conclu M. Romney.

M. Obama était attendu dans la région de Minneapolis (Minnesota, nord) pour une visite d’usine lors de laquelle il devait commenter ces chiffres vers 17H10 GMT.

Mais dans l’immédiat, la Maison Blanche n’a pas semblé disposée à changer de cap, le chef du cercle des conseillers économiques de M. Obama estimant que ces chiffres montraient qu’il était “crucial de poursuivre les politiques économiques du président qui nous aident à nous faire sortir du trou profond provoqué par la récession” de 2007-2009.

“Il y a encore beaucoup à faire pour réparer les dégâts provoqués par la crise financière et la profonde récession qui a commencé à la fin de 2007”, a noté Alan Krueger dans un communiqué.

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ômage en mai

“Juste comme l’année dernière à la même époque, notre économie se retrouve face à de graves vents contraires, dont la crise en Europe et une hausse des prix de l’essence qui a frappé les finances des Américains ces derniers mois”, a-t-il expliqué.

En 2010 et 2011, l’économie américaine avait calé au printemps et n’était repartie qu’en fin d’automne. Les sondages montrent que la cote de confiance des présidents suit de près l’évolution du chômage. Un trou d’air de l’économie, s’il se confirme, pourrait gravement handicaper M. Obama dans les urnes.

Pendant sa visite au Minnesota, le président devait vanter une des mesures de la “liste des commissions” censée améliorer la situation économique qu’il a soumise au Congrès, où ses adversaires républicains sont en position de force.

Mais les dirigeants républicains de la Chambre des représentants n’ont pas semblé prêts au compromis, déchaînant leurs critiques contre le président vendredi matin.

Alors que M. Obama doit poursuivre sa journée par pas moins de six réunions de levée de fonds en faveur de sa campagne de réélection, le président de l’assemblée, John Boehner, a appelé le président à rester à Washington pour “gérer les grands dossiers qui affectent notre économie”, dont le chômage et une dette publique record.

“Ces chiffres du chômage sont effroyables. Les Américains méritent vraiment mieux”, a assuré le chef de la majorité à la Chambre, Eric Cantor.

Ces statistiques tombent d’autant plus mal pour M. Obama que son équipe de campagne a récemment lancé une offensive contre le bilan de M. Romney en matière d’emploi lorsque ce dernier occupait le poste de gouverneur du Massachusetts (nord-est).

L’équipe démocrate avait auparavant cherché à réduire à néant l’argumentaire de M. Romney selon lequel son expérience de chef d’une entreprise de capital-risque ferait de lui un bon président pour l’emploi des Américains.