France : le centriste François Bayrou estime que la fin de l’euro est “possible”

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ésident du Modem François Bayrou, le 14 janvier 2012 à Paris (Photo : Thomas Samson)

[21/05/2012 06:22:27] PARIS (AFP) Le président du MoDem (centre), François Bayrou, a estimé dimanche que la fin de l’euro était “possible” en raison de la crise en Grèce et en Espagne, en ajoutant qu’il disait cela “sans joie et avec de très grandes craintes”.

Interrogé par le “Grand Jury” de RTL/LCI/Le Figaro pour savoir si “la fin de l’euro est possible”, l’ancien candidat centriste à l’élection présidentielle a répondu: “Oui et je dis cela sans joie, et je dis cela avec de très grandes craintes, mais je pense que si on ne fait pas attention, on peut avoir de graves accidents”.

“Je pense qu’il y a des milieux qui s’y préparent et le souhaitent. J’ai lu beaucoup de déclarations, y compris en Allemagne, de milieux qui sont des milieux de la banque allemande qui non seulement s’y préparent, mais envisagent cette hypothèse sans inquiétude”, a dit M. Bayrou.

“Je ne sais pas si vous mesurez ce que cela signifierait pour nous tous”, a ajouté François Bayrou, fervent défenseur de la construction européenne et de la monnaie unique.

“Je n’ai pas dit que la fin de l’euro était proche, même pas dit qu’elle était probable, j’ai dit qu’elle était possible si on multipliait les bêtises”, a-t-il ensuite précisé, en réponse aux questions des journalistes.

“Je pense que l’euro est viable pourvu qu’il se dote d’une direction politique sérieuse et réactive”, a-t-il souligné.

“En France, on sous-estime la crise qui vient, le tsunami qui risque de prendre naissance en Grèce”, a-t-il déploré. “C’est le tsunami du doute et du soupçon. Dans une zone monétaire qui a une monnaie unique, comme la zone euro, quand tout à coup, on n’a plus confiance dans les prêts que l’on fait, dans la parole des Etats, dans la parole des banques, à ce moment là, de partout, il y a une déstabilisation qui se met en place”.

“C’est un conseil que je donne à ceux qui ont les responsabilités: s’ils peuvent tout faire pour que la Grèce ne s’effondre pas, qu’ils le fassent”, a-t-il lancé.

“Je me souviens avoir dit à ce micro que je ne croyais pas que le peuple grec supporterait les incroyables efforts qu’on lui demande en peu de temps, et j’avais défendu l’idée d’un refinancement de long terme, avec des taux extrêmement bas et un calendrier de réformes digérable de manière à ce que le peuple grec ne soit pas acculé”, a poursuivi le leader centriste.

La participation de François Hollande au G8 à Camp David, a-t-il jugé, a été “une bonne prise de contact et une opération de communication bien faite, qui a donné l’impression, peut-être assez justifiée, que le thème que François Hollande défendait, la croissance, était pris en compte, mais tout le monde a noté que croissance s’accompagne désormais de l’engagement d’équilibre des comptes”.

“Quand le jour viendra où le programme de François Hollande sera passé au feu de la réalité, et qu’il y aura en effet des changements profonds à y apporter, ce jour là, si l’unité nationale est proposée, je ne m’y déroberai pas, nous ne nous y déroberons pas parce que je suis persuadé que des forces différentes, ayant un chemin différent dans le passé, sont capables un jour de se réunir pour sortir la France des difficultés où elle se trouve”, a-t-il dit.