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à Hong Kong le 27 février 2012 (Photo : Aaron Tam)

[27/02/2012 14:32:21] LONDRES (AFP) Alors que ses principales concurrentes sont à la peine, la banque britannique HSBC est sortie du lot en annonçant lundi un bénéfice 2011 de près 17 milliards de dollars, sa stratégie résolument tournée vers l’Asie et les autres marchés émergents s’avérant plus payante que jamais.

La banque, parmi les plus grandes du monde, a ainsi réussi à contrebalancer son désengagement du marché américain et surtout l’impact de la crise de la dette dans la zone euro, qui a eu un effet catastrophique sur la plupart des établissements européens.

HSBC a au contraire pu afficher un bond de 28% de son bénéfice net 2011, à 16,8 milliards de dollars (environ 12,5 milliards d’euros). C’est deux fois mieux que la banque française BNP Paris, qui enregistrait à la mi-février la meilleure performance de la zone euro.

Parmi les concurrentes britanniques de HSBC, Royal Bank of Scotland et Lloyds Banking Group ont fait état la semaine dernière de pertes annuelles supérieures à 2 milliards d’euros, et Barclays a annoncé une chute de 16% de son bénéfice net, à 3,5 milliards d’euros.

HSBC s’en est nettement mieux sortie grâce à la part devenue prépondérante de ses activités à Hong Kong et dans le reste de la région Asie-Pacifique, qui ont généré près de 61% de son bénéfice avant impôts. Celui-ci a atteint 21,9 milliards de dollars (+15%), globalement en ligne avec les attentes des analystes.

Le directeur général Stuart Gulliver a qualifié 2011 “d’année de progrès majeur” pour HSBC, en saluant “une forte performance dans les marchés à forte croissance et une année record dans l’activité de banque commerciale”.

Cette progression dans la banque traditionnelle hors d’Europe a permis de compenser une baisse de 24% des bénéfices de la banque d’investissement, particulièrement affectés par les turbulences de la zone euro.

La banque a aussi profité des premières retombées d’un plan stratégique visant à dégager 3,5 milliards de dollars d’économies annuelles.

En août dernier, le groupe avait fait savoir qu’il allait supprimer jusqu’à 30.000 postes d’ici à 2013, soit près de 10% de ses effectifs. Ces suppressions devraient être en partie compensées par l’embauche de 15.000 personnes dans les pays émergents, avec une priorité affichée sur l’Asie et le Brésil.

Dans un communiqué, le syndicat Unite a protesté lundi contre une “politique d’économies à court terme” sacrifiant l’emploi alors que la banque est largement bénéficiaire.

Il a aussi protesté contre la rémunération globale annuelle de 7,2 millions de livres (8,5 millions d’euros) promise à M. Gulliver, au moment où les gratifications accordées aux banquiers continuent de faire scandale.

Dans le cadre de la restructuration de ses activités, HSBC a déjà cédé plusieurs filiales dans des pays jugés non porteurs, par exemple en Hongrie, et 195 de ses succursales de banque de détail aux Etats-Unis. Elle a également annoncé la vente d’ici mi-2012 de ses activités de cartes de crédit dans ce pays à la banque américaine Capital One.

Le marché n’a pas salué pour autant la performance 2011, qui est en partie due à un gain comptable de près de 4 milliards de dollars sur la valeur de la dette du groupe, a noté Joshua Raymond de City Index. Autre élément propre à modérer l’enthousiasme des investisseurs: HSBC peine toujours à contrôler ses coûts de fonctionnement.

Vers 11H30 GMT, l’action cédait 2,44% à 560,80 pence à la Bourse de Londres, dans un contexte difficile pour l’ensemble du secteur bancaire. Plusieurs analystes conseillaient néanmoins d’acheter le titre HSBC, laissant entrevoir que la baisse n’était que passagère.