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ébergeait la Bourse de Paris (Photo : Eric Piermont)

[18/02/2012 09:18:30] PARIS (AFP) La Bourse de Paris, portée par l’espoir d’un accord sur la Grèce, a terminé vendredi au plus haut depuis cet été après une semaine rythmée par le dossier grec, au centre de l’actualité dès lundi avec la réunion de l’Eurogroupe et l’éventuel déblocage de l’aide à Athènes.

Grâce à une nette hausse vendredi, le marché boursier a affiché une progression de 1,97% d’un vendredi à l’autre pour terminer à 3.439,62 points, son plus haut niveau depuis août 2011.

Depuis le début de l’année, le CAC 40 est en hausse de 8,86%.

Pour la deuxième semaine consécutive, la cote a piétiné autour du seuil des 3.400 points, jugé comme déterminant par les analystes graphiques car ouvrant la voie aux 3.600 points. Mais, bridé par les incertitudes sur l’avenir de la Grèce, le CAC 40 a été encore une fois incapable de le franchir sur la durée.

“Pour la première fois depuis le début de l’année, le marché a même eu un accès de frayeur. Il a renoué avec ses craintes d’un défaut de paiement de la Grèce en milieu de semaine, quand l’exaspération a été à son comble entre Européens et Grecs”, a souligné Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel.

Mais à l’inverse de la fin de l’année dernière, les investisseurs n’ont pas paniqué car ils ne craignent plus un risque de contagion et sont convaincus qu’une solution sera trouvée, a-t-il poursuivi.

La semaine va démarrer sur les chapeaux de roue avec la réunion de l’Eurogroupe à Bruxelles qui doit décider du déblocage du plan d’aide à Athènes de quelque 130 milliards d’euros. Cette aide qui doit être versée en échange d’un plan drastique d’économies va permettre à la Grèce de faire face à son échéance de 14,5 milliards d’euros mi-mars. Sans ce plan, la Grèce sera incapable d’honorer cette échéance et se retrouvera, de facto, en cessation de paiement. D’où l’importance de cette réunion pour le secteur financier mondial.

“On attend certes une solution sur la Grèce mais également et surtout un discours plus constructif de l’ensemble des pays de la zone euro sur la manière de régler les problèmes de l’Europe et sur leur capacité à harmoniser leurs politiques”, a souligné Nicolas Just, un des responsables de la gestion actions chez Natixis AM.

“Un accord a minima consistant à permettre à la Grèce de payer seulement son échéance de mars enverra un signal clairement négatif aux marchés et après une réaction positive de soulagement, on retombera sur les mêmes problèmes 15 jours plus tard”, a-t-il ajouté.

Jean-Louis Mourier souligne que le marché dispose d’un potentiel d’optimisme et même “dans le pire des scénarios, à savoir un défaut de paiement de la Grèce, ne craint plus une crise systématique”.

“Les investisseurs ont arrêté de voir le verre à moitié vide et sont soutenus dans ce sentiment par des chiffres encourageants aux Etats-Unis, la stabilité du marché obligataire et un sentiment général plus optimiste en Europe”, a-t-il dit.

L’intervention de la Banque centrale européenne qui a inondé en décembre les banques européennes en liquidités et va procéder de même fin février contribue également largement à ce sentiment positif. Le marché est moins vulnérable et “ceci permet le retour de l’appétit pour le risque”, soulignent les économistes de chez AXA IM.

Comme après la dégradation de Standard et Poor’s mi-janvier, les investisseurs n’ont pas été émus par les annonces de Moody’s. Lundi l’agence américaine a sanctionné plusieurs pays européens et abaissé la perspective de la note de la France. Un non événement pour les salles de marché.

Même indifférence à l’égard des résultats d’entreprises qui se sont succédé cette semaine.

“Les préoccupations des investisseurs sont clairement ailleurs”, souligne M. Mourier, ajoutant que ces résultats sont par ailleurs très mitigés et s’avèrent finalement neutres pour la cote.

En l?absence de statistiques majeures aux Etats-Unis, les investisseurs suivront plusieurs statistiques européennes dont des enquêtes de conjoncture, l’indice PMI des directeurs d?achat de la zone euro et l?indice IFO en Allemagne.