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| à des jeux vidéo (Photo : Mauricio Lima) |
[05/12/2011 11:19:43] PARIS (AFP) Paris accueille pour la première fois la “Game Connection Europe”, l’un des salons de référence pour les professionnels du jeu vidéo, un secteur en forte croissance qui a généré 52,1 milliards d’euros dans le monde en 2011 (Idate) en anticipant ses prochaines mutations technologiques.
Du 6 au 8 décembre, ce “speed dating” facilitera les rencontres entre acteurs européens, américains et asiatiques qui ne jurent plus que par la “dématérialisation” du jeu en boîte, condamné à leurs yeux à disparaître comme le CD, le DVD ou le livre, au profit du “tout en ligne”.
“Le +on line+, c’est 15% du marché mondial des logiciels en 2011, et dans deux ans ce sera la moitié des ventes”, explique à l’AFP Pierre Carde, organisateur de cette 11ème édition européenne de la Game Connection qui depuis 2004 a aussi sa déclinaison américaine, à San Francisco.
“L’avenir, c’est désormais le téléchargement d’applications dans les boutiques virtuelles (l’AppStore de Apple ou l’Androïd market de Google), le navigateur internet ou les réseaux sociaux”, renchérit Jean-Baptiste Franjeulle, responsable de l’association professionnelle Capital Games, partenaire de la Game Connection.
Or, cette nouvelle tendance de fond a contribué à l’émergence de nouveaux marchés prometteurs et constitue “un vrai moteur de croissance”, selon l’analyste Laurent Michaud, spécialiste du secteur à l’institut européen Idate.
Même si l’évolution du marché est encore tributaire du cycle de vie des consoles de salon, souligne-t-il, ce segment est “rapidement rejoint et dépassé par le jeu en ligne” sur ordinateur individuel, tablette, smartphone, ou écran de télévision connectée.
La commercialisation de la nouvelle génération de machines, dès 2012, insufflera donc, selon les prévisions de l’Idate, un rythme de croissance qui permettra au seul segment des logiciels d’engranger près “60 milliards d’euros” et à l’ensemble de l’industrie (logiciels et équipements) près de 80 milliards, fin 2015.
L’institut prévoit notamment une “phase de décollage” en 2011-2012 pour la tablette, une interface idéale pour le jeu vidéo qui est devenu “le type d’application le plus populaire” sur ce support, selon Laurent Michaud.
Dans ce paysage mouvant, il faut aussi noter l’émergence récente de Facebook et sa fulgurante montée en puissance. Développeurs et éditeurs y prospèrent désormais grâce aux bandeaux publicitaires et aux micro-transactions (achats de biens virtuels ou de niveaux supplémentaires destinés à optimiser le jeu).
Le simple phénomène de “viralité” sur ce réseau social planétaire a permis “d’élargir considérablement la base de joueurs” et de convertir “la moitié” des 800 millions d’utilisateurs “en joueurs occasionnels ou réguliers”, explique Franck Tetzlaff, PDG de Kobojo, acteur de référence en France et l’un des leaders en Europe.
Mais ce jeune entrepreneur, âgé de 29 ans, songe déjà à la prochaine étape, et assure que “l’avenir du jeu va passer par le mobile”, plus rémunérateur encore que Facebook.
Un autre segment naissant, le jeu vidéo sur la “TV connectée”, intéresse aussi un grand nombre d’acteurs du secteur mais aussi du Web, de l’audiovisuel et de la téléphonie, selon l’Idate.
Et tous rêvent déjà d’une convergence parfaite qui ferait émerger un nouvel usage: le “jeu ubiquitaire”. A partir d’un compte unique, le joueur pourrait ainsi se connecter sur tous types de plateformes.
Il téléchargerait l’application sur son smartphone, commencerait le jeu sur son iPad, achèterait les “bonus” sur Facebook, et terminerait la partie sur le site de l’éditeur.



