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| à Zurich, le 8 février 2011 (Photo : Sebastian Derungs) |
[26/07/2011 11:09:28] ZURICH (Suisse) (AFP) La première banque suisse UBS, dont le bénéfice a chuté au deuxième trimestre, va réduire ses coûts et couper dans ses effectifs pour faire face à un avenir incertain marqué par les incertitudes économiques et le renforcement de la régulation du secteur financier.
“Nous ne pouvons pas vous donner de chiffres (…) car nous ne disposons pas encore des éléments” pour définir avec précision les réductions d’emplois qu’UBS compte effectuer, a indiqué mardi le directeur général Oswald Grübel lors d’une conférence de presse.
Le numéro trois mondial de la gestion de fortune a été peu disert sur le détail des réductions de coûts qu’il compte effectuer, renvoyant à novembre pour plus de détail.
Face aux nouvelles exigences en matière de capital, plus élevées en Suisse que dans les autres pays qui s’aligneront sur les nouvelles normes de Bâle III, et en raison de perspectives économiques moroses, UBS a averti qu’elle ne pourra pas tenir “dans le délai prévu” son objectif d’un bénéfice avant impôts de 15 milliards de francs suisses à moyen terme.
L’établissement a également annoncé qu’il allait chercher à économiser entre 1,5 à 2 milliards de francs suisses dans les deux à trois prochaines années et que ce programme de réduction de coûts allait engendrer des charges “conséquentes”.
Ces réductions de coûts se feront “à travers toutes les catégories et divisions et affecteront aussi les emplois”, a souligné M. Naratil, sans plus de précision.
La presse suisse avait spéculé sur 5.000 suppressions d’emplois, alors que la banque britannique Lloyds Banking Group (LBG) a récemment annoncé la suppression de 15.000 postes et que l’américain Goldman Sachs prévoit quelque 1.000 licenciements mondialement.
Les perspectives s’annoncent moroses pour le reste de l’année, puisque la banque ne table pas sur une amélioration “notable” des marchés au troisième trimestre et s’attend à subir au Royaume Uni l’impact négatif de la taxe sur les banques, qui devrait réduire la performance avant impôts de la banque d’affaires de 100 millions de francs suisses.
Dans l’ensemble, le deuxième trimestre a été difficile pour UBS, qui a enregistré entre avril et juin un bénéfice net en baisse de 49% à 1 milliard de francs suisses (861,9 millions d’euros), un résultat inférieur aux attentes.
Le produit d’exploitation a également reculé de 21,7% à 7,2 milliards de francs suisses, tandis que les afflux nets d’argent nouveau ont atteint 8,7 milliards sur la période, contre des sorties nettes de capitaux de 4,7 milliards il y a un an.
La banque a expliqué le recul du résultat par le renchérissement du franc suisse et le ralentissement des marchés, qui a particulièrement affecté la banque d’affaires. Cette dernière a vu son résultat avant impôts reculer de 55% à 376 millions comparé au trimestre précédent.
Si UBS a annoncé des réductions de coûts, elle va continuer à investir dans la gestion de fortune, son coeur de métier, dont les différentes divisions ont été les seules à progresser au deuxième trimestre.
La banque compte ainsi renforcer sa présence auprès des clients très fortunés et étendre son activité dans la région Asie-Pacifique et dans les marchés émergents, où elle a enregistré d’importants affluxs d’argent.
A la Bourse suisse, les investisseurs ont sanctionné le titre UBS, qui reculait de 2,81% à 13,51 francs suisses, dans un marché en baisse de 0,57% à 09H55 GMT.
UBS a réalisé “de mauvais chiffres” et sa division banque d’affaires a été “la plus décevante”, a estimé Peter Thorne de Helvea.



