«Au début de nos investigations, nous pensions que les prêts contractés par les anciennes familles gravitant autour de la famille présidentielle ne dépassaient pas les 2,5 milliards de dinars, aujourd’hui, nous les évaluons à 3 milliards de dinars». C’est ce qu’a déclaré Mustapha Kamel Ennabli, gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, lors d’une rencontre organisée ce matin à l’IACE avec les entrepreneurs.

Répondant à une intervention à propos de la rigueur prônée par l’Etat dans ses rapports avec la communauté d’affaires et le laxisme dont il a fait preuve tout comme le faisait la Banque centrale dans ses rapports avec les proches de l’ancien régime, le gouverneur a rassuré quant à la récupération d’une grande partie de ces créances. «… Les biens de l’ancienne famille et tous ceux mal acquis reviennent aujourd’hui à l’Etat suite à leur séquestration. Il en est aujourd’hui le propriétaire».

Par rapport au manque de prise de risques par les banques, le gouverneur s’est déclaré surpris. «Si nos banques ne prenaient pas autant de risques, par quoi expliquez-vous autant de créances accrochées?».

D’autre part, à l’appel de certains entrepreneurs à un plus grand rôle de la part des banques publiques pour soutenir l’économie, M. Ennabli a rétorqué que le patriotisme n’est pas la panacée du secteur public et que nous nous trouvons dans une situation où tous les acteurs de la vie économique doivent être des parties prenantes, qu’elles proviennent du public ou du privé.

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