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ésentation sur un livre électronique du “Meurtre de Roger Ackroyd” d’Agatha Christie, le 15 octobre 2008 à la Foire de Francfort (Photo : John Macdougall/Archives)

[30/09/2010 10:59:10] PARIS (AFP) Plus de 40 éditeurs français et le Syndicat national de l’édition (SNE) ont signé jeudi une lettre ouverte pour défendre leurs droits sur les livres numériques face aux initiatives de certains agents littéraires qui veulent les concurrencer, a annoncé le SNE dans un communiqué.

Signée par 43 éditeurs, dont Antoine Gallimard, PDG des éditions Gallimard et président du SNE, cette lettre ouverte a pour objectif de réaffirmer la position de la profession sur les droits électroniques “en réaction à certaines initiatives d’agents qui cherchent à se positionner en concurrents directs des éditeurs de leurs propres clients-auteurs”, relève la lettre.

En juillet dernier, le Britannique Andrew Wylie, agent littéraire de Philip Roth, Salman Rushdie, Norman Mailer ou encore Martin Amis, avait annoncé avoir passé un accord avec Amazon permettant au groupe de distribution en ligne américain de vendre en exclusivité une vingtaine de titres numériques de ses clients, regroupés sous un label.

“Une initiative comme celle de Andrew Wylie, c’est quelque chose que les éditeurs n’accepteront pas. Et toute la profession est unie”, a assuré à l’AFP Paul Otchakovsky-Laurens, directeur des éditions P.O.L et l’un des signataires de la lettre ouverte au côté de Arnaud Nourry, PDG de Hachette-Livre, Teresa Cremisi, PDG de Flammarion, Françoise Nyssen, PDG de Actes Sud, ou encore Alain Kouck, PDG d’Editis.

Les droits électroniques “sont les droits principaux, au même titre que les droits de l’édition papier dont l’exploitation revient naturellement à l’éditeur, l’édition numérique empruntant notamment la +valeur ajoutée+ du travail éditorial réalisé pour le livre papier”, souligne la lettre ouverte.

L’acquisition des droits sur une oeuvre “ne saurait exclure l’exploitation numérique, sous peine de voir se développer un marché numérique autonome régulé par des acteurs extérieurs (agrégateurs de contenus, agents, etc.), susceptibles de mettre en péril l’équilibre de la profession”, affirment le SNE et les signataires.

“Les éditeurs doivent garder le contrôle sur le prix de vente de leurs livres sous format numérique, comme ils l’ont aujourd’hui sur le format papier”, concluent-ils.