L’ex-Blackwater va payer une amende de 42 millions de dollars, selon le New York Times

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à Mount Carroll, dans l’Illinois (Photo : Scott Olson)

[21/08/2010 06:54:36] WASHINGTON (AFP) La société de sécurité américaine Xe, mieux connue sous son ancien nom de Blackwater, va payer une amende de 42 millions de dollars pour avoir violé les règles d’exportation en vendant notamment des armes à l’Afghanistan, a rapporté vendredi le New York Times.

Xe est parvenu à un accord avec le département d’Etat pour verser cette amende, a précisé le quotidien américain sur son site internet, citant une porte-parole du groupe. Interrogé par l’AFP, un porte-parole du département d’Etat a dit ne pas pouvoir fournir de “confirmation immédiate”.

Selon le journal, l’ex-Blackwater a violé les règles d’exportation en vendant illégalement des armes en Afghanistan, en proposant d’entraîner des troupes dans le sud du Soudan et en entraînant des policiers taïwanais au tir d’élite.

Le New York Times précise que Blackwater a exporté des armes automatiques et d’autres équipements militaires destinés à son personnel. Dans un cas, la société a délibérément cherché à cacher ce trafic en dissimulant les armes dans des caisses de nourriture pour chiens destinées à l’Irak, selon l’article.

Les enquêteurs ont cherché à savoir si les armes exportées par Blackwater ne se retrouvaient pas sur le marché noir en Irak. Selon le journal, la Turquie se serait plainte auprès des Etats-Unis après que des armes se furent retrouvées entre les mains de rebelles kurdes du PKK.

En acceptant de payer l’amende, la société échappe à des poursuites judiciaires et peut continuer à obtenir des contrats de l’Etat, a souligné le journal, qui précise que l’accord ne couvre par d’autres procédures en cours devant la justice américaine.

Parmi ces procédures qui restent en cours, le New York Times cite des poursuites contre cinq anciens dirigeants de la société, dont son ancien président, Erik Prince, pour détention d’arme illégale et d’obstruction à la justice. Il évoque aussi une tentative de corruption de fonctionnaires irakiens et les poursuites contre deux anciens employés d’une filiale pour le meurtre de deux civils afghans à Kaboul en 2009.

Blackwater a défrayé la chronique lorsque cinq de ses agents ont été accusés par la justice américaine d’avoir tiré sur des civils irakiens désarmés lors d’une fusillade qui avait fait 17 morts le 16 septembre 2007 à Bagdad. La justice américaine a abandonné les poursuites fin 2009.

Blackwater a été banni d’Irak à la suite de cette fusillade mais continue à travailler pour le département d’Etat et la CIA en Afghanistan, où le président Hamid Karzaï a décidé de renvoyer les sociétés de sécurité étrangères à la fin de l’année.

Selon des documents de justice dont l’AFP s’est procuré copie mercredi, Erik Prince a pour sa part quitté les Etats-Unis pour Abou Dhabi.

Ancien membre des forces spéciales de la Marine américaine, proche du parti républicain, Erik Prince, 51 ans, avait fondé en 1997 Blackwater USA, qui est devenue la plus grande entreprise de sécurité privée utilisée par les Etats-Unis en Irak.

Il avait pris en 2009 ses distances avec son entreprise affirmant avoir été lâché par les autorités américaines après leur avoir rendu service dans leur guerre contre le terrorisme.