photo_1244032417356-1-1.jpg
à Genève, le 3 juin 2009. (Photo : Fabrice Coffrini)

[03/06/2009 12:36:55] GENEVE (AFP) Le directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT) Juan Somavia a salué mercredi les prémices de reprise économique mais a mis en garde contre le décalage prévisible pouvant aller jusqu’à 8 années pour retrouver le niveau d’emploi d’avant la crise.

“Le monde peut avoir devant lui une crise de l’emploi et de la protection sociale d’une durée de six ou huit ans”, a-t-il prévenu en ouvrant la Conférence annuelle des 183 membres de l’OIT.

“Il y a de premiers signes bienvenus que la récession ralentit, que la chute libre se freine”, a reconnu M. Somavia pour qui, cependant, “les leaders politiques n’ont pas prêté suffisamment d’attention aux implications humaines et sociales du décalage” entre récupération économique et reprise du marché de l’emploi.

Pourtant, le monde aurait besoin de créer environ 300 millions de nouveaux emplois d’ici 2015 ne serait-ce que pour absorber l’arrivée sur le marché du travail de 45 millions de personnes supplémentaires chaque année, a relevé M. Somavia.

“Le manque d’emploi et de protection sociale nourrit l’instabilité. Les ferments de la violence, de l’agitation sociale, de la tourmente politique prolifèrent”, a mis en garde le directeur général de l’OIT en faisant appel à une “solidarité minimum avec les personnes les plus vulnérables”.

Dans ce but, M. Somavia a préconisé aux membres de l’OIT, réunis jusqu’au 19 juin à Genève, d’adopter un “Pacte mondial pour l’emploi”.

Les mesures énumérées dans ce “pacte”, non contraignant, pourrait être mises en oeuvre de manière souple dans les pays membres en fonction de leurs possibilités ou de leurs nécessités, a-t-il expliqué.

Elaboré par le secrétariat de l’organisation, le Bureau international du travail (BIT), le projet préconise d’organiser des consultations tripartites (Etats, employeurs, syndicats) sur les politiques de reprise, de porter une attention soutenue au chômage des jeunes, à la protection des droits des travailleurs, d’investir dans l’économie verte, de privilégier le dialogue social lors des restructurations d’entreprises et de respecter les travailleurs migrants.