Wall Street chute dans un marché découragé par la gravité de la crise

[17/02/2009 21:34:37] NEW YORK (AFP)

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La Bourse de New York (Photo : Stephen Chernin)

La Bourse de New York était en forte baisse mardi matin, dans un marché découragé par la crise, incapable de s’engager, malgré l’adoption d’un vaste plan de relance économique: le Dow Jones chutait de 3,29% et le Nasdaq 3,42%.

Vers 15H30 GMT, le Dow Jones Industrial Average lâchait 258,38 points, à 7.592,03 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, 52,47 points, à 1.481,89 points.

L’indice élargi Standard & Poor’s 500 reculait quant à lui de 3,80% (31,42 points), à 795,42 points.

Vendredi, Wall Street avait terminé en baisse, mettant un terme dans le calme à une semaine volatile, le marché se trouvant déprimé par le peu d’avancées face à la crise. Le Dow Jones avait perdu 1,04% et le Nasdaq 0,48%. Les marchés étaient fermés lundi pour cause de jour férié.

“Ce qui fait souffrir le marché aujourd’hui (mardi), ce sont les craintes de voir la croissance économique se contracter encore plus”, a constaté Owen Fitzpatrick, de Deutsche Bank.

Le président américain Barack Obama devait promulguer dans la journée le plan de relance économique de 787 milliards de dollars adopté vendredi par le Congrès. Mais le marché ne s’attend pas à voir des effets rapides sur l’économie du pays.

“Le plan de relance (…) est synonyme de dépenses prodigieuses mais aux yeux de certains, n’est qu’un petit tremplin économique”, a observé Al Goldman, de Wachovia.

La publication de l’indice de l’activité industrielle dans la région de New York n’aidait pas.

“La disposition à la baisse est une question de confiance — ou plutôt de manque de confiance”, a estimé de son côté Patrick O’Hare, de Briefing.com.

Wall Street se rapprochait de ses planchers atteints en novembre, quand le Dow Jones avait clôturé à 7.552,29 points et le S&P 500 à 752,44 points.

Le manque de confiance des investisseurs se reflétait dans le raffermissement du dollar, la monnaie américaine servant de “refuge” pour ceux qui ne veulent pas s’engager.

L’inquiétude était aussi de mise pour les constructeurs automobiles, General Motors et Chrysler devant faire mardi une mise au point sur leur restructuration après avoir été renfloués par l’Etat fédéral. General Motors perdait 11,20% à 2,22 dollars dans les premiers échanges. Son concurrent Ford était entraîné dans son sillage, cédant 5,78% à 1,66 dollar.

Les valeurs bancaires enregistraient encore de lourdes pertes, à l’image de leurs consoeurs européennes: Bank of America chutait de 9,85% à 5,02 dollars, Citigroup de 9,17% à 3,17 dollars et JPMorgan Chase de 8,79% à 22,52 dollars.

“Que va-t-il rester aux actionnaires après l’intervention de l’Etat” qui a investi massivement? s’est interrogé Owen Fitzpatrick.

Une seule valeur de l’indice Dow Jones était en hausse: le distributeur Wal-Mart, fort d’un bénéfice annuel en hausse de 5% et de ventes en progression marquée sur le marché américain entre octobre et janvier, voyait son titre gagner 2,79% à 47,83 dollars.

Mais le reste des valeurs affichait de nettes baisses.

Le marché obligataire montait. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans plongeait à 2,666% contre 2,882% vendredi soir, et celui à 30 ans à 3,494% contre 3,682%.

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