Poulina en Bourse (2) : ouverture pour un grand bond en avant


Par Moncef MAHROUG

podium-poulina1.jpgSeuls les imbéciles ne
changent pas d’avis, a-t-on coutume de dire. Personne n’en a jamais douté :
Abdelwaheb Ben Ayed n’est pas un imbécile. Pourtant, la volte-face qu’a
faite le patron de Poulina, en décidant d’introduire son groupe en Bourse,
après avoir crié sur tous les toits qu’on ne l’y reprendra plus, lui qui a
déjà expérimenté cela avec l’entrée d’El Mazraa en 1998, a un tant soit peu
surpris. Car, on ne pensait pas que le fondateur du groupe pouvait changer
d’avis aussi rapidement et de manière aussi radicale, sur une question aussi
importante. Mais Abdelwaheb Ben Ayed l’a fait, prouvant en cela, si besoin
est, qu’il est pragmatique : «quand le contexte change, je change»,
lance-t-il pour expliquer sa nouvelle attitude.

 

Il aura suffi d’un signal
fort des pouvoirs publics, lancé par le Premier ministre, Mohamed
Ghannouchi, sous forme d’encouragement aux principaux groupes du pays à
investir davantage, y compris dans le reste du Maghreb, pour que Poulina se
lance à l’assaut de la région. «Il y a deux ans, les autorités nous ont
encouragés à investir au Maghreb. La mentalité a changé petit-à-petit»,
témoigne le patron de Poulina. Mais une fois la décision de foncer prise,
«nous sommes allés à très grande vitesse». A telle enseigne que le groupe
connaît actuellement un véritable «Big Bang» qui est en train de le
transformer totalement. De national, Poulina est devenu régional et est en
train de prendre une dimension internationale.

 

Ce mouvement d’expansion
a débuté en 2007 à l’échelle locale. En une année, le groupe s’est ainsi
enrichi en Tunisie de près de 20 sociétés, nouvellement créées ou reprises,
dans divers secteurs d’activité (papier, bois, btp, chimie, etc.). Puis la
manœuvre s’est étendue au reste du Maghreb. Présent depuis longtemps au
Maroc, en Algérie, et en Libye mais de manière plutôt discrète, Poulina ne
fait en réalité que s’y consolider, notamment dans ce dernier pays, où le
groupe compte quinze entreprises opérationnelles ou en cours de lancement.

 

Actif en Algérie depuis
une vingtaine d’années, il est en train d’y réaliser plusieurs projets, dans
divers secteurs. Une usine de céramique y est récemment entrée en activité
et sa capacité de production est appelée à doubler au cours des dix-huit
prochains mois, à 30.000 m2». Une aciérie y est également en cours de
montage.

Tout en poursuivant son
expansion régionale, Poulina a déjà entamé son développement à
l’international, avec comme première destination l’Asie.

 

Poulina y a d’abord pris
pied dans l’une des régions les plus riches de la planète, le Golfe, et d’y
faire son entrée par l’Arabie Saoudite, le plus important des membres du
Conseil de Coopération du Golfe (CCG).

 

A l’autre extrémité du
continent, le groupe a jeté son dévolu sur le pays qui connaît la plus forte
croissance de la planète et est appelé, au cours des prochaines années, à
détrôner les Etats-Unis comme puissance économique n°1. Poulina ne s’y
implante pas pour sacrifier à la mode, mais pour faire de l’«Empire du
Milieu» la base et le relais de sa croissance future.

 

Poulina a alloué à cet
ambitieux programme d’expansion quinquennal (2008-2012), un budget
d’investissement de 541,1 millions de dinars. En escomptant un doublement de
son chiffre d’affaires à 1,6 milliard de dinars en cinq ans.