[12/12/2006 20:56:08] PARIS (AFP) La France s’achemine vers un nouveau déficit commercial record en 2006, avec un trou de plus de 23 milliards d’euros accumulés déjà de janvier à octobre, malgré un regain d’exportations et le net recul des cours du pétrole ces derniers mois. Entre septembre et octobre, le déficit commercial mensuel s’est fortement creusé, passant de 1,5 milliard d’euros à 2,7 milliards, en données corrigées des variations saisonnières, ont indiqué mardi les Douanes. Du coup, le déficit accumulé depuis le début de l’année atteint déjà 23,75 milliards d’euros, dépassant le record historique de l’année 2005 (-23,1 milliards). Pour Nicolas Bouzou, de la société d’études Asterès, “le plus inquiétant réside dans le manque de vigueur de nos exportations”. La vente d’un Airbus de moins en octobre s’est ainsi soldée par un manque à gagner de plus de 260 millions d’euros. Marc Touati (Natexis) estime, lui, que les entreprises françaises “ne sont pas sur les bons marchés ni les bons produits”. La France vend avant tout ses produits en Europe et est moins présente sur les grands marchés émergents. Mais pour d’autres experts les exportations ne sont pas vraiment en cause. “Sur les dix premiers mois de l’année, les exportations ont progressé de plus de 9%, soit le meilleur résultat depuis 2000”, souligne Alexander Law, économiste de Xerfi. Selon l’Insee, les ventes françaises à l’étranger de produits manufacturés grimperaient de 9,6% en 2006, contre 2,8% de hausse l’an dernier. Un argument repris mardi par la ministre déléguée au Commerce extérieur Christine Lagarde, qui tout en s’avouant “un peu déçue” par la mauvaise performance d’octobre, s’est félicitée de voir que les exportations progressent. Selon Alexander Law, le problème réside plutôt dans l’envolée des importations, en hausse de 10,7% depuis le début de l’année. Une situation due à une facture énergétique toujours salée, malgré la récente décrue des prix du pétrole, et à l’appétit de consommation des ménages. Or “nous ne pouvons pas arrêter d’acheter des produits énergétiques. Et l’économie française ne peut pas se permettre de voir ses ménages arrêter de consommer”, car c’est le principal moteur de la croissance française. La France ne fait pas figure d’exception en Europe: l’Italie, l’Espagne ou le Royaume-Uni affichent tous des déficits équivalents ou supérieurs. En revanche l’Allemagne arbore un excédent commercial de 156 milliards d’euros depuis le début de l’année. Mais “cette dernière a basé toute sa stratégie sur la compétitivité de son industrie”, avec notamment un coup de frein aux salaires, fait observer Alexander Law, selon qui la “concurrence la plus féroce est bien au sein de la zone euro”. |
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