La Cour des comptes tunisienne prévoit d’étendre ses contrôles aux projets publics bloqués. Annoncée lors de l’examen parlementaire de son budget 2027, cette orientation place les retards d’exécution, leurs causes et le suivi des recommandations au cœur d’un enjeu économique : mieux utiliser les ressources publiques.

Un budget en hausse, des moyens à arbitrer

Le projet de budget de la Cour des comptes pour 2027 s’élève à 36,436 millions de dinars, en progression de 2,45 % par rapport à 2026. Environ 80 % des crédits proposés sont consacrés aux dépenses de personnel.

Présentés devant les commissions parlementaires le 30 octobre, ces chiffres soulignent une contrainte : renforcer les capacités de contrôle tout en poursuivant la modernisation informatique et l’amélioration des méthodes de gestion.

Projets publics en Tunisie : une plateforme intelligente pour détecter les blocages et retards

La Cour envisage notamment de développer une gestion budgétaire davantage orientée vers les objectifs et les résultats.

Projets bloqués : comprendre les causes des retards

L’orientation la plus significative pour l’investissement concerne l’extension envisagée des contrôles aux projets publics à l’arrêt.

Selon les précisions communiquées lors de la séance parlementaire, la Cour entend identifier les causes des blocages et formuler des recommandations pour prévenir leur répétition.

L’enjeu économique dépasse ainsi le financement initial des projets. Il touche aux délais de réalisation, à la mobilisation des crédits et aux difficultés administratives susceptibles de compromettre l’exécution des investissements.

Pour autant, un contrôle ne débloque pas automatiquement un chantier. Son efficacité dépend notamment de la prise en compte des recommandations par les organismes concernés.

La question décisive du suivi

Les indicateurs présentés font apparaître une évolution de la couverture budgétaire par les missions de contrôle, de 25 % à 27 %, et du taux d’exécution des recommandations, de 65 % à 75 %.

Le délai de préparation du rapport de clôture budgétaire est également présenté comme passant de douze à huit mois.

Ces données nécessitent toutefois une clarification : les documents disponibles ne permettent pas de distinguer avec certitude résultats obtenus et objectifs de performance.

Pour l’investissement public tunisien, le véritable test sera donc moins l’annonce de nouveaux contrôles que leur traduction en corrections administratives mesurables et en projets effectivement relancés.

CHIFFRES CLÉS

  • 36,436 MDT : crédits proposés pour le budget 2027 de la Cour des comptes.
  • +2,45 % : évolution annoncée par rapport à 2026.
  • Environ 80 % : part des dépenses de personnel.
  • 25 % à 27 % : évolution présentée de la couverture budgétaire par les contrôles.
  • 65 % à 75 % : évolution présentée du taux d’exécution des recommandations.
  • 12 à 8 mois : évolution présentée du délai de préparation du rapport de clôture budgétaire

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