Le plasticien tunisien Raouf Gara s’est lancé dans la création d’un musée d’arts plastiques au cœur de la vieille ville de Kélibia (gouvernorat de Nabeul), destiné à préserver la mémoire artistique locale et un savoir-faire familial transmis de génération en génération.

Aménagé dans une demeure traditionnelle héritée de sa famille, ce futur espace culturel ambitionne de préserver le patrimoine artistique familial et de mettre en valeur les œuvres d’autres créateurs de la région du Cap Bon.

En marge d’un hommage qui lui a été rendu dans le cadre de la Foire nationale du livre tunisien, Raouf Gara a présenté son projet à l’agence TAP, expliquant qu’il « s’inscrit dans le cadre de la préservation de la mémoire plastique locale, afin de documenter les œuvres d’art et de les relier à leurs contextes historiques et culturels ».

L’artiste a précisé que les travaux de restauration et d’aménagement étaient avancés à hauteur de 60 à 70 %, mais que leur achèvement restait tributaire de la mobilisation de financements et des équipements nécessaires, pour lesquels il a sollicité le ministère des Affaires culturelles.

Surnommé « l’artiste de la mer » par le plasticien Sami Ben Ameur, Raouf Gara intègre dans ses peintures, ses sculptures et ses mosaïques des éléments naturels et des fragments de céramique glanés sur le littoral de Kélibia.

« Pour moi, la mer n’est pas un simple sujet à peindre, mais une source riche de matériaux, de formes et d’idées », a souligné l’artiste, dont la carrière s’étend sur plus d’un demi-siècle.

Ce projet de musée est indissociable de l’histoire des familles Gara et Sammoud, connues pour leur activité artisanale et artistique dans la région. Le père du plasticien, Mahmoud Gara, issu des métiers traditionnels de la peinture sur bois, un artisanat typique de Kélibia inscrit au patrimoine culturel immatériel national, s’était lui-même lancé dans la peinture moderne à l’âge de 99 ans. Il a réalisé plus de 700 toiles jusqu’à sa mort, à l’âge de 103 ans.

Selon Raouf Gara, entre 50 et 60 membres de sa famille pratiquent aujourd’hui diverses disciplines artistiques. Parallèlement au chantier du musée, il prépare une exposition collective intitulée « Les œuvres de la famille Gara », destinée à faire connaître cette expérience artistique commune et à illustrer la transmission de ce savoir-faire entre les générations.