La Tunisie domine la longue liste de la 32e édition du Prix « Abou El-Kacem Chebbi de la littérature arabe / Banque de Tunisie », consacrée cette année à la nouvelle, avec 10 œuvres retenues sur un total de 21.
La liste, arrêtée le 29 septembre 2026 par le jury réuni au siège du club Abou El-Kacem Chebbi, comprend des œuvres de six pays arabes. Elle est publiée sans classement préférentiel. Le jury est présidé par le poète et universitaire tunisien Moncef Ouhaïbi.
Les dix œuvres tunisiennes sélectionnées sont « Sataati ach-chams ila nafidhati » (Le soleil viendra à ma fenêtre) de Salah Damès, « Tafassil jamila» (De beaux détails) de Moez Naïja, « Delirium » de Tarek Lemmouchi, « Nisf thaniyaten mina adhawe » (Une demi-seconde de lumière) d’Imen Essefi, « Ma’i ila al-abad » (Avec moi pour toujours) de Mustapha Madayni, « Mojarrad alam » (Juste une douleur) de Faika Qonfali, « Laylat Rafat El-Haggan » (La nuit de Refaat El-Haggan) de Hassan Marzouki, « Al-ghorfa raqm 13 » (La chambre numéro 13) de Donia Mlika, « Archifou arramad » (Les archives des cendres) de Saiif Ali Dhrif et « Hala may’ous minha » (Un cas désespéré) d’Abbes Slimane.
L’Égypte arrive en deuxième position avec six œuvres : « Ya’bour azzaman ala darraja » (Le temps passe à bicyclette) de Hussein Mansour, « Khod’at Hemingway » (Le subterfuge d’Hemingway) d’Ahmed Magdy Hammam, « Massafaton tasloho lil-khiyana » (Une distance propice à la trahison) de Noha El-Shazly, « Matahat al-ghoul » (Le labyrinthe de l’ogre) de Majeed Taha Shiha, « Sawt almonchid » (La voix du chanteur) de Mamdouh Abdel Sattar et « Iqa’at molawana » (Rythmes colorés) d’Azza Diab.
L’Irak compte deux œuvres dans la sélection : « Addakhilouna min abwaben motafarriqa » (Ceux qui entrent par des portes différentes) de Yas Al-Saidi et « Kitab al-achbah » (Le livre des fantômes) de Haidar Al-Mohsen.
L’Algérie, le Maroc et le Qatar sont représentés chacun par une œuvre : « Yahdothou li-asbab atifiya » (Cela arrive pour des raisons sentimentales) de Mohamed Jafar, « Maristan al-aqni’a » (Le maristan des masques) d’Anis Al-Rafii et « Kalilah wa Hoda » (Kalilah et Hoda) de Hoda Al-Nuaimi, respectivement.
Fondé en 1984 par la Banque de Tunisie pour soutenir la création littéraire dans le monde arabe, le prix est doté d’une récompense principale de 25 000 dinars tunisiens, selon les informations publiées sur le site de la banque.
Baptisé du nom d’Abou el-Kacem Chebbi (1909-1934), figure majeure de la poésie arabe moderne, le prix rend hommage à un poète dont l’œuvre continue de traverser les générations. Le 92e anniversaire de sa mort est commémoré en 2026.
Poète romantique et nationaliste, Chebbi demeure notamment associé à son célèbre vers tiré de « La Volonté de vivre » : « Lorsqu’un jour le peuple veut la vie, force est au destin de répondre ». Ce vers emblématique a été traduit dans au moins 14 langues.
Un mausolée dédié au poète se trouve à Tozeur, sa ville natale, dans le sud-ouest tunisien. Mort en 1934 à l’âge de 25 ans, il a profondément marqué la mémoire culturelle arabe, notamment à travers son recueil « Les Chants de la vie » (Aghani al-Hayat) et son essai « L’Imagination poétique chez les Arabes ».


