Sur 325 entreprises communautaires constituées en Tunisie jusqu’à août 2026, seules 97 sont entrées en activité effective, selon le ministre de l’Emploi, Riadh Chaoued. Ce décalage place désormais la concrétisation économique des projets au cœur de l’évaluation du dispositif.
La création d’une entreprise ne signifie pas encore qu’elle produit des biens, fournit des services ou génère des emplois. C’est toute la différence que met en évidence le bilan présenté le 29 octobre 2026 devant les commissions parlementaires.
Sur les 325 entreprises communautaires constituées entre 2023 et août 2026, 97 avaient effectivement démarré leur activité. Les 228 restantes représentent 70,2 % du total, selon les calculs de WMC.
Sociétés communautaires en Tunisie : 791 initiatives, mais seulement 60 actives
Une dynamique de création qui ne suffit plus
Les constitutions ont progressé : 46 en 2023, 81 en 2024 et 123 en 2025, auxquelles s’ajoutent 75 entreprises jusqu’à août 2026.
Cette progression traduit l’extension du dispositif. Elle ne renseigne toutefois ni sur la production réalisée, ni sur le chiffre d’affaires, ni sur les emplois effectivement générés.
Le ministre a évoqué la volonté de porter à 250 le nombre d’entreprises opérationnelles. Pour atteindre cet objectif, il faudrait compter 153 structures actives supplémentaires par rapport au bilan présenté.
CHIFFRES CLÉS
- 325 entreprises communautaires constituées entre 2023 et août 2026.
- 97 entreprises entrées en activité effective.
- 228 entreprises non encore opérationnelles.
- 29,8 % de structures effectivement actives, calcul WMC.
- 250 entreprises opérationnelles visées, selon le ministre.
- 153 entreprises actives supplémentaires nécessaires pour atteindre cet objectif, calcul WMC.
Pourquoi autant d’entreprises restent-elles inactives ?
Les chiffres ne permettent pas d’identifier une cause unique. Certaines entreprises ont été récemment constituées et peuvent encore préparer leur démarrage. D’autres pourraient rencontrer des difficultés de financement, d’accès aux ressources ou d’accomplissement des procédures.
Ces obstacles ont déjà été évoqués dans les débats institutionnels, mais leur poids respectif parmi les 228 entreprises concernées n’est pas établi.
Le bilan ministériel mentionne des efforts de simplification administrative et de numérisation des procédures. Leur efficacité devra être appréciée à partir des entrées effectives en activité.
Le véritable indicateur sera économique
Pour évaluer ce modèle, il faudra désormais suivre non seulement les constitutions, mais aussi les projets financés, les entreprises effectivement productives et les emplois créés.
L’enjeu est de disposer d’un suivi cohérent permettant de distinguer les délais normaux de démarrage des blocages persistants.
Les 97 entreprises actives constituent un premier résultat. Mais le passage de 97 à 250 structures opérationnelles sera un test plus révélateur de la capacité du dispositif à transformer l’initiative collective en activité économique durable.
EN BREF
- Le ministre de l’Emploi, Riadh Chaoued, a présenté un bilan des entreprises communautaires devant les commissions parlementaires le 29 octobre 2026.
- Sur 325 entreprises constituées jusqu’à août 2026, seulement 97 avaient commencé leur activité effective.
- Le taux d’entrée en activité atteint 29,8 %, selon les calculs de WMC.
- L’objectif annoncé porte sur 250 entreprises opérationnelles, sans échéance précisée dans la source consultée.
- Le défi consiste à mieux comprendre les délais de démarrage et les difficultés rencontrées, puis à mesurer les résultats en matière d’activité et d’emploi.


