Les crédits alloués au ministère de l’emploi et de la formation professionnelle au titre de l’année 2027 s’élèvent à 1 108, 950 millions de dinars, contre 1 068,451 millions de dinars en 2026, enregistrant une hausse de 40,499 millions de dinars soit 3,79%, a indiqué le ministre de l’emploi et de la formation professionnelle, Riadh Chaoued.

Au cours d’une séance conjointe tenue, jeudi, par la commission de l’éducation, de la formation professionnelle, de la recherche scientifique, de la jeunesse et des sports, et la commission des services et du développement social à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances pour 2027, le ministre a attribué cette augmentation à la hausse du budget du programme de formation professionnelle, qui est passé de 499,041 millions de dinars en 2026 à 552,850 millions en 2027.

Dans sa présentation du projet de la mission du ministère de l’emploi et de la formation professionnelle, Chaoued a précisé que le budget du ministère compte principalement sur les ressources de l’état qui s’élève à 1 104,900 millions de dinars en 2027, soit 99,63 pc des ressources globales contre 4,050 millions de dinars de ressources propres avec un taux de 0,37 pc.

Concernant la nature des dépenses, Riadh Chaoued a indiqué que les dépenses d’intervention constituent la plus grande part du budget, suivies des dépenses de rémunération. Les dépenses de gestion et d’investissement devraient diminuer, selon le projet de la mission du ministère pour 2027 a-t-il affirmé.

Selon le ministre, les dépenses de la mission de l’emploi et de la formation professionnelle pour 2027, estimées à 1 108,950 millions de dinars, se répartissent principalement entre la formation professionnelle (50 pc) l’emploi (35 pc) le développement de l’initiative privée (13 pc) et le pilotage et le soutien (2 pc).

Par catégorie, les dépenses d’intervention et de rémunération représentent les parts les plus importantes, avec respectivement 49,9 pc et 45,7 pc contre 4,2 pc pour les dépenses de gestion et 0,2 pc pour celles de l’investissement, ce qui illustre l’insuffisance des crédits affectés à cette catégorie.

Les crédits alloués au programme de développement de l’initiative privée ont régressé pour atteindre 141,500 millions de dinars en 2027 contre 161,300 millions de dinars en 2026, soit une baisse de 12,28 pc, alors que le budget consacré aux programmes de l’emploi, et du soutien devra enregistrer une légère hausse.

Le ministre a attribué cette baisse principalement au recul des ressources provenant des crédits extérieurs, malgré l’augmentation de la contribution du budget de l’état. Il a précisé que ces crédits seront entièrement consacrés aux interventions : 122 millions de dinars pour les activités liées à l’initiative privée et 19,5 millions de dinars pour le travail indépendant. Aucun crédit n’est prévu en 2027 pour la rémunération, la gestion ou l’investissement.

Concernant le programme de pilotage et de soutien, qui assure la coordination entre les différents programmes du ministère et contribue à améliorer leur performance, notamment en matière de développement et de planification, du suivi et de l’évaluation, de gestion des ressources humaines et financières et de transition numérique, ses dépenses pour 2027 ont été fixées selon le ministre, à 25,240 millions de dinars en crédits de paiement, contre 24,901 millions en 2026, soit une hausse de 339 mille dinars.

Ces dépenses se répartissent comme suit : 17,640 mille dinars pour la rémunération, soit une hausse de 6 pc , 4,800 mille dinars pour la gestion avec une hausse de 6,67 pc, 300 mille dinars pour les interventions, avec une baisse de 16,67 pc et 2,500 dinars mille dinars pour l’investissement, avec une baisse de 26,47 pc.

Chaoued a ajouté que les crédits prévus pour 2027 se répartissent par activité, entre la représentation régionale (11,125 mille dinars), la gestion des moyens (10,247 mille dinars) le pilotage, le contrôle et l’évaluation (3,868 mille dinars), précisant que ces dépenses seront entièrement financées par le budget de l’état.

S’agissant des projets financés par des prêts extérieurs affectés, le programme de formation professionnelle comprend un projet de “Développement du système de formation professionnelle” qui est mis en œuvre par l’Agence tunisienne de la formation professionnelle et financé par le fonds saoudien pour le développement, au moyen d’un prêt de 60 millions de riyals saoudiens, conformément à un accord amendé le 27 juin 2025.

Ce projet vise à parachever les travaux de construction, à acquérir le matériel de formation, à former des formateurs et à fournir des services de conseil à plusieurs centres de formation situés à Bousalem et Tabarka (gouvernorat de Jendouba) et à Douz, dans le gouvernorat de Kébili.

Le coût actualisé du projet s’élève à 53,8 millions de dinars dont 8,8 millions de dinars financés par le budget de l’état et 45 millions de dinars par des prêts extérieurs affectés. Aucun crédit de paiement n’a été enregistré jusqu’au mois de septembre 2026.

Concernant la création de sociétés communautaires, le ministre a indiqué que son département vise à porter le nombre de ces sociétés à 500 et à en financer 250 au cours de l’année 2027.

Ces objectifs s’inscrivent dans une politique visant à développer le système des sociétés communautaires et à renforcer leur rôle dans la création d’emplois et à soutenir les initiatives collectives, a-t-il relevé. Il s’agit notamment d’améliorer les conditions de leur création et de leur accompagnement, et de faciliter leur passage à une activité effective afin de renforcer leur pérennité et leur contribution à la création de richesse.

Le ministère s’emploie également à faciliter l’accès au financement et aux marchés, à renforcer la ligne de financement des sociétés communautaires et à créer une ligne d’autofinancement alimentée par les ressources du fonds national de l’emploi. Ces efforts comprennent la signature d’accords avec les établissements financiers et la diversification des sources de financement, afin de favoriser les mécanismes adaptés aux besoins de ces sociétés.

Le ministre a indiqué que 97 sociétés communautaires sont, actuellement en activité dont 79 pc sont des sociétés locales et 21 pc des sociétés régionales.

Sur le plan territorial, le 4ème district qui regroupe Sidi Bouzid, Sfax, Gafsa et Tozeur est classé en tête avec 86 sociétés, soit 27 pc du nombre total des sociétés, suivi du 3ème district qui comprend Siliana, Kairouan, Kasserine, Sousse, Monastir et Mahdia, avec 73 sociétés.

Le premier district, composé de Bizerte, Béja, Jendouba et le Kef, est classé 3ème avec 59 sociétés, suivi du 2ème district qui regroupe Tunis, Ariana, Ben Arous, la Manouba, Nabeul et Zaghouan, avec 53 sociétés. Le 5ème district qui comprend Kébili, Gabès, Médenine et Tataouine, compte 54 sociétés.

Par secteur d’activité, l’agriculture, la pêche, l’élevage et les services agricoles arrivent en tête avec 222 sociétés, soit près des deux tiers du nombre total des sociétés, suivi du transport terrestre et des services connexes (23 sociétés) l’industrie (22) les services et les activités de loisirs, culturels, touristiques et sportifs (20) les activités environnementales (12), les activités forestières (8) la production d’énergie (5) et l’artisanat (2).

En matière d’emploi et de participation économique, les sociétés communautaires comptent au total 6 647 participants, dont 2 490 femmes représentant 38 pc de la totalité, 55 personnes à besoins spécifiques et 1 082 diplômés de l’enseignement supérieur.