Neuf introductions en dix ans, aucune nouvelle admission à fin septembre 2026 : la Bourse de Tunis peine à attirer les entreprises. Derrière ces chiffres, une question plus préoccupante se pose : pourquoi le marché financier contribue-t-il si peu au financement de leur croissance ?

La Bourse de Tunis traverse une longue période de faiblesse sur le marché des introductions. Selon les données de la revue scientifique du Conseil du marché financier (CMF), rapportées par Ilboursa, seulement neuf entreprises ont rejoint la cote entre 2016 et 2025, soit moins d’une par an en moyenne.

À fin septembre 2026, aucune nouvelle introduction n’était recensée.

Une cotation ne signifie pas un financement

L’année 2025 illustre cette distinction essentielle. BNA Assurances a officiellement rejoint le marché principal en août, mais son admission s’est effectuée par inscription directe, sans levée de capitaux frais.

L’opération a permis la cotation des actions sur le marché principal, sans apporter de nouvelles ressources financières à l’entreprise.

Le problème ne réside donc pas uniquement dans la rareté des admissions. Il tient aussi au faible nombre d’opérations permettant effectivement aux sociétés de mobiliser de nouveaux capitaux auprès des investisseurs.

Introductions en Bourse : la Tunisie cherche à redynamiser un marché en perte de vitesse

Pourquoi les entreprises restent-elles à l’écart ?

Plusieurs explications méritent d’être examinées : la réticence éventuelle des actionnaires à ouvrir leur capital, les coûts associés à la cotation, les exigences de transparence et les possibilités de financement alternatives.

Ces facteurs constituent des hypothèses, et non des causes démontrées par les seuls chiffres disponibles.

La question dépasse les entreprises candidates. Un marché peu alimenté en nouvelles valeurs limite également les possibilités de diversification offertes aux investisseurs.

CHIFFRES CLÉS

  • 9 introductions recensées entre 2016 et 2025, selon les données reprises par Ilboursa.
  • 0,9 introduction par an en moyenne sur cette décennie.
  • 0 nouvelle introduction recensée au 30 septembre 2026.
  • 14 août 2025 : début de cotation de BNA Assurances sur le marché principal.
  • 0 DT de capitaux frais levés lors de cette inscription directe.

Relancer les introductions, mais surtout les levées de fonds

La Bourse de Tunis a déjà identifié plusieurs leviers, notamment l’élargissement de la cote à de nouveaux secteurs, l’adaptation du cadre réglementaire et le renforcement de la liquidité.

Selon l’analyse rapportée par Ilboursa, aucun nouveau dossier d’introduction n’était alors en cours d’instruction auprès du CMF.

L’enjeu dépasse donc le simple nombre de sociétés cotées : il s’agit de faire du marché financier un véritable instrument de financement des investissements et du développement des entreprises.

EN BREF

  • La Bourse de Tunis n’a enregistré que neuf introductions entre 2016 et 2025, selon les données du CMF reprises par Ilboursa.
  • L’admission de BNA Assurances en août 2025 ne s’est accompagnée d’aucune levée de capitaux nouveaux.
  • À fin septembre 2026, aucune nouvelle introduction n’était recensée.
  • La faiblesse du marché primaire soulève des questions sur l’attractivité de la cotation et les modes de financement privilégiés par les entreprises.
  • La relance suppose de distinguer l’arrivée de nouvelles sociétés en Bourse de leur capacité effective à mobiliser des fonds.

CMF — Le premier numéro de sa Revue scientifique consacrée au marché financier tunisien