À fin septembre 2026, les dépenses budgétaires tunisiennes ont atteint 39,060 milliards de dinars, selon les chiffres présentés jeudi 29 octobre par la ministre des Finances, Michket Slama Khaldi. Derrière ce taux d’exécution global de 61,4 %, une disparité persiste : les dépenses de développement n’ont atteint que 41,8 % de leur programmation annuelle.

L’État tunisien a accéléré ses décaissements au cours des neuf premiers mois de 2026. Les dépenses budgétaires payées progressent de 11 % par rapport à la même période de 2025. Mais cette évolution globale masque des différences importantes entre les postes budgétaires.

Les données communiquées lors d’une audition parlementaire montrent une exécution relativement avancée des rémunérations, de la compensation énergétique et du service de la dette. Le développement, en revanche, demeure sensiblement en retrait.

Développement : moins de la moitié des crédits exécutés

Les dépenses à caractère de développement ont atteint 4,871 milliards de dinars à fin septembre, soit 41,8 % des prévisions annuelles.

À fin juin, elles s’établissaient à 2,533 milliards de dinars, correspondant à 21,2 % des prévisions. Leur progression au troisième trimestre est donc réelle, sans suffire à combler l’écart avec les autres grandes catégories budgétaires.

Il faut toutefois distinguer ces dépenses de développement de l’investissement public au sens strict. Elles comprennent également des interventions à caractère de développement et des opérations financées par des emprunts extérieurs.

La ministre prévoit une accélération des décaissements pendant les derniers mois de l’année, conformément aux tendances observées les années précédentes. Cette perspective reste à confirmer par les réalisations du quatrième trimestre..

Rapport du ministère des Finances : ce qu’il faut retenir des budgets 2026 et 2027

Rémunérations et énergie : une exécution plus avancée

Les dépenses de rémunération s’élèvent à 18,548 milliards de dinars, soit 73,4 % des prévisions annuelles.

Les dépenses de compensation atteignent 5,338 milliards de dinars, représentant un taux d’exécution de 54,6 %. À l’intérieur de cette enveloppe, le soutien aux carburants totalise 3,866 milliards de dinars, soit 77,4 % des montants programmés.

Ces différences de rythme traduisent des contraintes budgétaires distinctes. Les rémunérations et certaines charges de compensation correspondent à des obligations récurrentes, tandis que les dépenses de développement dépendent notamment de l’avancement des projets et de leurs procédures d’exécution.

Dette publique : près de 18 milliards de dinars servis

Le service de la dette publique atteint 17,906 milliards de dinars, soit 77,7 % des prévisions annuelles. Ce montant comprend 12,283 milliards de remboursements du principal et 5,623 milliards d’intérêts.

La ministre a également annoncé le remboursement, en juillet 2026, d’un emprunt international de 740 millions d’euros.

Ces données ne doivent pas être assimilées intégralement aux dépenses budgétaires courantes : le remboursement du principal de la dette relève d’un périmètre distinct.

Le quatrième trimestre sera déterminant

L’enjeu n’est donc pas seulement le volume total des dépenses publiques, mais leur composition et leur réalisation effective.

Pour apprécier l’exécution du budget 2026, il faudra mesurer les décaissements de développement intervenus entre octobre et décembre, en distinguant les investissements effectivement payés des crédits simplement programmés.

Les chiffres de septembre montrent une progression. Ils ne permettent pas encore de conclure à un rattrapage des dépenses de développement.

CHIFFRES CLÉS

  • 39,060 milliards de dinars : dépenses budgétaires payées à fin septembre 2026, selon la ministre.
  • 61,4 % : taux d’exécution global des dépenses budgétaires.
  • 4,871 milliards de dinars : dépenses à caractère de développement, soit 41,8 % des prévisions.
  • 18,548 milliards de dinars : dépenses de rémunération, soit 73,4 % des prévisions.
  • 3,866 milliards de dinars : compensation des carburants, soit 77,4 % des prévisions.
  • 17,906 milliards de dinars : service de la dette publique, soit 77,7 % des prévisions.

Ministère des Finances