Dans sept gouvernorats du Centre et du Sud tunisien, seules 18 % des femmes couvertes par une étude de l’Observatoire de l’inclusion financière et du PNUD disposent d’un compte bancaire. Au-delà du chiffre, les résultats mettent en évidence des obstacles économiques, un déficit de confiance et des difficultés d’accès à l’information financière.
L’accès aux banques demeure limité pour les femmes interrogées à Tataouine, Kébili, Médenine, Gabès, Tozeur, Gafsa et Kairouan. Selon une étude publiée en septembre 2026 par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et l’Observatoire de l’inclusion financière, le taux de bancarisation féminine atteint seulement 18 % dans le périmètre étudié.
Ce résultat ne représente pas la situation de l’ensemble des Tunisiennes. Il révèle néanmoins les difficultés rencontrées par les populations ciblées dans ces territoires.
Des revenus limités et une relation bancaire fragile
La faiblesse des revenus et la dépendance financière figurent parmi les obstacles identifiés. À ces contraintes s’ajoutent une confiance limitée envers les banques et une compréhension parfois difficile des produits proposés.
Selon les résultats rapportés le 28 octobre par la presse tunisienne, 32 % des femmes interrogées estiment que les institutions financières ne fournissent pas suffisamment d’informations sur leurs services et leurs avantages.
La Poste tunisienne apparaît comme l’institution bénéficiant du niveau de confiance le plus élevé auprès des répondantes, devant les banques commerciales.
Le paiement numérique face à la domination des espèces
L’étude met également en évidence la place prépondérante du liquide : 98 % des femmes interrogées utilisent les espèces pour leurs transactions. Selon les résultats rapportés, seules 0,3 % disposent d’un portefeuille électronique.
Pour les banques et les établissements de paiement, ces chiffres posent une question économique centrale : comment développer des services adaptés aux revenus et aux habitudes financières des populations concernées ?
L’enjeu ne se limite pas à ouvrir davantage de comptes. Il concerne aussi la simplicité des produits, la transparence des conditions et la qualité de l’accompagnement.
Pour les établissements de microfinance et les acteurs des paiements numériques, cette étude constitue ainsi un éclairage sur les obstacles à surmonter pour transformer l’accès théorique aux services financiers en utilisation effective.
CHIFFRES CLÉS
- 18 % : taux de bancarisation des femmes dans le périmètre étudié.
- 98 % : femmes interrogées utilisant les espèces.
- 0,3 % : détentrices d’un portefeuille électronique, selon les résultats rapportés.
- 32 % : femmes jugeant l’information financière insuffisante.
- 7 gouvernorats : territoires couverts par l’étude.


