Parcours Inspirants Halima MelloukiElle voulait travailler dans la justice. Après des années dans les assurances et un licenciement qu’elle a contesté, Halima Mellouki a emprunté une voie dérogatoire pour accéder au barreau. Depuis sa prestation de serment en novembre 2023, elle exerce à Saint-Étienne, notamment dans les dossiers de dommage corporel et d’assurance.

Le 7 novembre 2023, Halima Mellouki prête serment. La date est confirmée par l’annuaire du barreau de Saint-Étienne. Derrière cette entrée dans la profession d’avocate se trouve un parcours moins linéaire que celui d’une diplômée sortie de l’école d’avocats : plusieurs métiers, une carrière salariée et un retour progressif vers le droit.

Le droit comme projet, les assurances comme métier

Dans un portrait publié le 24 octobre 2026 par Cadremploi, elle raconte avoir d’abord envisagé de devenir juge pour enfants. Après des études de droit jusqu’au master 1, elle renonce à tenter immédiatement la magistrature. Elle travaille alors dans différents emplois, puis rejoint le secteur des assurances en 2010 et une mutuelle en 2013.

Cette expérience salariée lui donne une connaissance du secteur qu’elle retrouvera plus tard dans son activité d’avocate. En parallèle, elle reprend les études et obtient un master 2 en droit, selon le récit recueilli par Cadremploi.

Une rupture qui ne clôt pas la carrière

En 2018, elle est licenciée dans des circonstances qu’elle conteste. Selon son témoignage, elle saisit le conseil de prud’hommes, obtient une décision favorable et perçoit environ 40 000 euros. Ni le jugement ni ses suites procédurales n’ont pu être vérifiés indépendamment.

Elle devient ensuite juriste assistante auprès de magistrats. Une tentative d’accès à la magistrature par une voie réservée à certains professionnels du droit n’aboutit pas. Elle occupe également un poste au ministère de la Justice avant de retourner dans les assurances, toujours d’après Cadremploi.

CHIFFRES CLÉS

  • 2010 : année d’entrée dans les assurances, selon son récit.
  • 2018 : année du licenciement contesté, selon Cadremploi.
  • Environ 40 000 euros : indemnisation qu’elle déclare avoir obtenue.
  • 8 ans : durée de pratique professionnelle exigée pour plusieurs catégories de juristes bénéficiant de la passerelle réglementaire française.
  • 7 novembre 2023 : prestation de serment confirmée par le barreau de Saint-Étienne.

Une passerelle, mais pas une dispense de toute épreuve

En octobre 2022, elle dépose, selon son récit, une demande d’accès à la profession d’avocat au titre de son expérience juridique. La réglementation française prévoit en effet, sous certaines conditions de diplôme et d’ancienneté, une dispense de formation initiale et du certificat d’aptitude à la profession d’avocat (CAPA).

Cette voie n’efface pas toutes les obligations : le Conseil national des barreaux rappelle que les candidats doivent réussir un examen de déontologie et de réglementation professionnelle. Halima Mellouki raconte avoir échoué à sa première tentative avant de réussir la suivante. Elle peut finalement prêter serment en novembre 2023.

La liberté, avec d’autres contraintes

Installée à son compte à Saint-Étienne, elle travaille notamment sur des dossiers d’indemnisation de dommages corporels et de droit des assurances. Des décisions judiciaires accessibles attestent qu’elle représente des justiciables dans des litiges impliquant des assureurs.

Le changement de statut a aussi son prix. Elle indique à Cadremploi que ses revenus mensuels après cotisations, en 2024 et 2025, ont été inférieurs à ceux de son dernier emploi salarié et variables selon les dossiers. Son parcours montre ainsi une reconversion qui ne se réduit ni à un diplôme ni à une hausse de rémunération : une expérience sectorielle peut devenir le socle d’un autre métier, à condition d’en remplir les exigences.

EN BREF

  • Halima Mellouki exerce aujourd’hui comme avocate à Saint-Étienne, après une carrière dans les assurances.
  • Elle raconte avoir envisagé la magistrature avant de choisir une autre voie d’accès à la justice.
  • Selon son témoignage recueilli par Cadremploi, elle a contesté son licenciement et obtenu une indemnisation. La décision prud’homale n’a pas été vérifiée indépendamment.
  • Elle a bénéficié d’une procédure dérogatoire dispensant certains professionnels de la formation initiale et du CAPA, mais pas de l’examen de déontologie.
  • Son activité actuelle s’appuie notamment sur son expérience du secteur des assurances.