La 16ème édition du Salon International de l’Investissement Agricole et de la Technologie (SIAT 2026) a ouvert ses portes, mercredi, au Parc des Expositions du Kram à Tunis, sur le thème « Investir dans une agriculture résiliente et intelligente pour renforcer notre souveraineté alimentaire ».

Organisé par l’Agence de Promotion des Investissements Agricoles (APIA) sous l’égide du ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche, l’événement se poursuit jusqu’au 31 octobre 2026.

La cérémonie d’ouverture a connu la participation d’une délégation sénégalaise, conduite par le ministre sénégalais de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, le Sénégal étant l’invité d’honneur de cette édition. Cette présence traduit la volonté de renforcer la coopération sud-sud et le partenariat stratégique entre pays africains dans le domaine de la sécurité alimentaire.

Présidant l’ouverture du salon, le ministre de l’Agriculture, Ezzeddine Ben Cheikh a souligné que l’agriculture constitue un enjeu national stratégique touchant à la souveraineté nationale, à la sécurité hydrique et à l’équilibre entre les régions.

Il a présenté la vision de son département pour une agriculture durable et résiliente.

Cette vision s’articule autour de trois axes clés. Il s’agit en premier lieu de garantir la sécurité hydrique, à travers la mobilisation et la maîtrise des ressources en eau, la valorisation des eaux usées traitées et des ressources non conventionnelles via des technologies modernes, ainsi que la conservation des sols.

Il s’agit également de développer les filières et la souveraineté alimentaire à travers le soutien à la productivité durable, l’amélioration de la santé végétale et animale, la modernisation de la collecte, du stockage et de la transformation, la réduction des pertes et la promotion de l’aquaculture durable.

Le troisième axe concerne le renforcement de la résilience face au changement climatique. Ce volet implique l’adoption de systèmes d’alerte précoce, l’intégration de la recherche scientifique, l’expansion des énergies renouvelables et la valorisation des déchets agricoles à travers l’économie circulaire.

Le ministre a rappelé, le lancement, début novembre 2026, du premier Recensement Général de l’Agriculture (RGA), une initiative d’envergure qui permettra , selon lui, de constituer une base de données stratégique et actualisée pour mieux orienter les politiques publiques et la planification durable.

Il a, par ailleurs, souligné l’importance d’une transition agricole inclusive garantissant un revenu digne aux petits agriculteurs, aux pêcheurs, aux femmes et aux jeunes.

Pour sa part, le ministre sénégalais, Cheikhou Oumar Ba a estimé que la souveraineté alimentaire de l’Afrique ne se construira pas à travers des initiatives isolées, mais plutôt par la transformation conjointe des systèmes alimentaires par des investissements ciblés dans une agriculture résiliente et intelligente, portés par une coopération interafricaine renforcée.

Il a invité les acteurs économiques tunisiens à dépasser la relation de simple fournisseur pour devenir des co-investisseurs dans des domaines prioritaires, tels que l’irrigation performante et la gestion de l’eau, la mécanisation adaptée aux petites et moyennes exploitations, l’agro-transformation et les chaînes du froid, la normalisation et la certification des produits, la recherche, la formation et l’échange d’expertise.

Pour ce faire, le ministre sénégalais a proposé la création d’un mécanisme conjoint de suivi entre les départements ministériels des deux pays.

Intervenant, la directrice générale de l’APIA, Inji Doggui a présenté les composantes fondamentales du salon.

L’Espace d’exposition, espace central, est dédié à la présentation des équipements et des technologies modernes utilisés dans la production, la valorisation, la commercialisation et les services.

Les démonstrations technologiques et les ateliers de travail prévus les 29, 30 et 31 octobre, visent à créer un lien direct entre la recherche scientifique et l’investissement. Les thématiques abordées incluent l’utilisation des eaux alternatives, l’irrigation d’appoint des oliviers, l’énergie solaire dans la pêche maritime, l’agroécologie, la mécanisation ainsi que la valorisation des déchets agricoles.

Le Forum international sur le financement climatique, prévu le 29 octobre, traitera de la résilience agricole face au changement climatique. Il permettra de mettre l’accent sur les risques climatiques, les opportunités de la finance verte et des fonds climatiques, les solutions fondées sur la nature et les mécanismes financiers innovants.

Les rencontres du partenariat agricole attendues le 30 octobre, visent à nouer des relations d’affaires entre promoteurs tunisiens et étrangers.

L’Espace dédié aux startups mettra en avant les initiatives des jeunes et des jeunes entreprises innovantes. Il abritera, le 31 octobre, la compétition GREENTIC, valorisant les solutions numériques et scientifiques appliquées à la gestion de l’eau, au suivi des cultures et à l’optimisation des intrants.

Enfin, le salon comporte un espace d’orientation et d’encadrement des investisseurs, conçu pour accueillir, guider et accompagner les investisseurs tout au long de leur parcours.

Le salon se déroule sur une surface d’exposition de 10 000 m² afin d’assurer une visibilité optimale aux produits et techniques présentés. Plus de 155 exposants venus de 11 pays y prennent part pour accueillir une affluence estimée à plus de 15 000 visiteurs.