Les interruptions électriques de juillet et août 2026 auraient privé l’économie tunisienne de près de 1,27 milliard de dinars de valeur ajoutée, selon une enquête de l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE). Au-delà des arrêts de production, leurs conséquences touchent les exportations et les décisions d’investissement.
Une facture industrielle particulièrement lourde
Selon les résultats publiés le 27 octobre, 96 % des entreprises interrogées déclarent avoir subi des coupures électriques durant l’été 2026. Elles font état d’une perte moyenne de 13 jours d’activité sur les deux mois étudiés.
L’IACE estime à 1 269,6 millions de dinars la valeur ajoutée directement perdue en raison des interruptions. L’industrie manufacturière représente 671,5 millions de dinars de cette estimation, devant les services marchands et le commerce.
Ce montant ne comprend ni les dommages aux équipements, ni les pertes de clientèle, ni les éventuelles pénalités commerciales. Il constitue donc une estimation partielle du coût économique, dont la portée dépend de la méthode d’extrapolation retenue.
Les exportateurs exposés aux retards
Les conséquences dépassent les ateliers de production. Parmi les entreprises exportatrices interrogées, 29,4 % déclarent avoir manqué des délais de livraison, avec des pénalités ou des pertes de clients.
Pour une économie dont une partie de l’activité industrielle dépend des commandes extérieures, la régularité de l’approvisionnement électrique devient ainsi un facteur de compétitivité.
L’investissement productif sous pression
L’autre signal préoccupant concerne l’investissement. Selon l’enquête, 51,9 % des entreprises interrogées déclarent reporter un projet d’investissement, tandis que 74 % envisagent de consacrer des ressources à la sécurisation de leur alimentation électrique.
Groupes électrogènes, équipements photovoltaïques ou batteries peuvent réduire l’exposition aux interruptions. Mais leur financement risque de concurrencer les dépenses destinées à moderniser les installations ou à accroître les capacités de production.
L’enjeu dépasse donc la facture immédiate des coupures : une électricité insuffisamment fiable pourrait peser durablement sur la capacité des entreprises tunisiennes à produire, exporter et investir.
CHIFFRES CLÉS
- 1 269,6 millions de dinars : perte directe de valeur ajoutée estimée.
- 96 % : entreprises interrogées déclarant des coupures.
- 13 jours : activité perdue en moyenne en juillet-août 2026.
- 29,4 % : exportatrices déclarant des délais manqués.
- 51,9 % : entreprises déclarant reporter un investissement.
- 74 % : entreprises envisageant de sécuriser leur approvisionnement.


