Le gouvernorat de Jendouba a publié le 26 octobre 2026 un nouvel avis d’expropriation concernant l’autoroute Bou Salem–frontière algérienne. Les propriétaires disposent de 60 jours pour présenter leurs objections. Derrière cette avancée foncière se joue un investissement estimé à 2,5 milliards de dinars, mais son calendrier reste à préciser.
Le communiqué concerne environ 40 000 m² de terrains agricoles, répartis entre neuf propriétaires, sur le parcours Bou Salem–Fernana via Jendouba-Nord. Les listes des parcelles et des propriétaires présumés sont consultables dans les administrations locales. La procédure marque une étape concrète, non le démarrage des travaux.
Autoroute Bou Salem – Algérie : pourquoi le projet est-il toujours bloqué ?
Un verrou foncier ancien
Le nouvel avis succède à des opérations engagées pour la première section Bou Salem–Jendouba-Nord, dont les formalités de libération de l’emprise ont, selon les autorités, été achevées. En janvier 2025, une précédente procédure d’expropriation visait déjà les premiers kilomètres. Les désaccords sur le tracé et la préservation de terres agricoles, évoqués depuis plusieurs années, rappellent la sensibilité de la concertation et de l’indemnisation.
Un financement encore à préciser
Selon la fiche de projet citée par la Radio nationale, les deux sections restantes, d’environ 40 km jusqu’à Fernana puis 35 km vers Hammam Bourguiba et la frontière, représentent un coût estimé à 2,5 milliards de dinars. Une communication ministérielle de novembre 2025 mentionnait toutefois 45 km pour Bou Salem–Fernana, ce qui appelle une clarification du périmètre. Ce montant n’est ni une dépense engagée ni un financement acquis. En mars 2024, le gouvernement avait retenu une réalisation par marché public avec contribution envisagée d’institutions financières internationales, plutôt qu’un partenariat public-privé. Les documents consultés ne confirment ni le bouclage du financement ni un calendrier actualisé des travaux.
Désenclaver, à quelles conditions ?
En prolongeant l’axe autoroutier vers l’Algérie, le projet pourrait améliorer l’accès aux marchés et faciliter les flux de marchandises dans le Nord-Ouest. Mais la réduction des coûts logistiques et l’implantation de nouvelles activités dépendront aussi des raccordements locaux, des services aux entreprises et des conditions de passage à la frontière. Ces effets restent des perspectives, non des retombées mesurées.
Le prochain test sera la clôture de la consultation foncière, suivie de décisions vérifiables sur les indemnisations, le financement et la programmation des marchés.
CHIFFRES CLÉS
- 2,5 milliards de dinars : coût estimé des sections restantes vers la frontière algérienne.
- 60 jours : délai d’objection annoncé le 26 octobre 2026.
- 40 000 m² environ : terrains agricoles concernés par le nouvel avis.
- 9 propriétaires présumés : personnes concernées par les parcelles recensées.
- 40 km + 35 km : longueurs des deux sections présentées dans l’annonce du 26 octobre, sous réserve de clarification des périmètres.


