Illustration symbolique d'une imposante pile de documents financiers reposant principalement sur un pilier intérieur, tandis qu'un pilier associé au financement extérieur apparaît fragilisé
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Entre 2019 et les prévisions pour 2026, la structure de la dette publique tunisienne connaît une profonde transformation. Dans une publication consacrée aux finances publiques, le Dr Arem Belhadj met en évidence la progression du poids de la dette intérieure, le recul relatif de la dette extérieure et l’augmentation du service de la dette domestique. Une évolution qui interroge la portée économique du recours accru aux ressources nationales.

Une dette plus intérieure, mais pas moins importante

Le principal enseignement des chiffres présentés par le Dr Arem Belhadj concerne la transformation de la structure de l’endettement public tunisien.

Selon les données qu’il avance, la dette publique totale représentait 67,75 % du produit intérieur brut (PIB) en 2019, contre une estimation de 83,7 % pour 2026.

La comparaison fait apparaître une progression de près de 16 points de PIB sur la période. Il convient toutefois de relever que la série actuellement publiée par le ministère des Finances retient un ratio de 83,4 % pour la loi de finances 2026.

Au-delà de cet écart documentaire, le changement le plus significatif concerne la répartition entre dette intérieure et dette extérieure.

D’après la publication, la dette intérieure représentait 29,6 % de l’encours total en 2019, contre 70,4 % pour la dette extérieure. Pour 2026, les proportions seraient pratiquement inversées : 66,1 % pour la dette intérieure et 33,9 % pour la dette extérieure.

La Tunisie serait ainsi passée d’un endettement majoritairement extérieur à un endettement principalement domestique.

Le poids croissant de la dette intérieure

Rapportée au PIB, la dette intérieure passerait de 20 % en 2019 à 55,3 % en 2026, selon les chiffres avancés par l’économiste.

Dans le même temps, le poids de la dette extérieure reculerait de 47,6 % à 28,4 % du PIB.

Cette double évolution traduit un déplacement de la structure du financement public. Elle ne signifie cependant pas que l’endettement global a diminué.

Une baisse de la part extérieure peut coexister avec une augmentation de la dette totale, dès lors que la composante intérieure progresse suffisamment.

Ce changement présente également une dimension économique importante. Le recours au financement intérieur réduit, pour la fraction concernée, la dépendance directe à de nouveaux créanciers étrangers. Il ne supprime toutefois ni les obligations de remboursement ni les contraintes liées à la mobilisation de ressources financières nationales.

La question devient alors celle des conditions de ce financement, de son coût et de ses interactions avec les autres besoins de l’économie.

CHIFFRES CLÉS

  • 67,75 % du PIB : dette publique totale en 2019, selon le post.
  • 83,4 % du PIB : ratio prévu pour 2026 dans la série publiée par le ministère des Finances.
  • 66,1 % : part estimée de la dette intérieure dans l’encours total en 2026, selon le post.
  • 23,057 milliards de dinars : service total de la dette prévu en 2026.
  • 19,056 milliards de dinars : emprunts intérieurs prévus par la loi de finances 2026.
  • 6,808 milliards de dinars : emprunts extérieurs prévus par la même loi.

Le service de la dette intérieure progresse fortement

Le deuxième enseignement du post concerne le service de la dette, c’est-à-dire les sommes consacrées au remboursement du principal et au paiement des intérêts.

Selon les données présentées, le service total de la dette publique passerait de 7,8 % du PIB en 2019 à 12,4 % en 2026.

La progression serait principalement liée à sa composante intérieure, qui passerait de 2,26 % à 7,5 % du PIB. Le service de la dette extérieure évoluerait, pour sa part, de 5,5 % à 5 %.

Les documents budgétaires officiels permettent de confirmer l’importance du service de la dette intérieure dans les prévisions pour 2026.

Le ministère des Finances affiche un service total de 23,057 milliards de dinars, dont 13,544 milliards pour la dette intérieure et 9,513 milliards pour la dette extérieure.

Ces montants montrent que le financement domestique représente désormais une composante majeure des obligations financières de l’État.

Ils ne suffisent cependant pas, à eux seuls, à établir une relation de causalité entre la stratégie de financement intérieur et l’évolution du coût de la dette. Une telle analyse exigerait notamment de prendre en compte les échéances, les taux d’intérêt et les caractéristiques des emprunts.

Comment la structure de la dette publique tunisienne a-t-elle évolué entre 2019 et 2026 ?

Selon les données présentées par le Dr Arem Belhadj, la part de la dette intérieure passerait de 29,6 % de l’endettement public total en 2019 à 66,1 % en 2026. Cette évolution traduit une prépondérance croissante du financement domestique, sans signifier une diminution de la dette publique globale. Les ratios restent à rapprocher des données officielles.

Le recours à l’emprunt intérieur devient prépondérant

La transformation apparaît également dans les ressources d’emprunt inscrites au budget de l’État.

Le Dr Arem Belhadj indique que les ressources totales d’emprunt passeraient de 7,9 % du PIB en 2019 à 14 % en 2026.

Selon sa comparaison, les emprunts intérieurs progresseraient de 2,1 % à 11,7 % du PIB, tandis que les emprunts extérieurs reculeraient de 5,8 % à 2,3 %.

La loi de finances pour 2026 confirme, en montants, la place prépondérante du financement intérieur : elle prévoit 19,056 milliards de dinars d’emprunts intérieurs et 6,808 milliards d’emprunts extérieurs.

Ces deux montants représentent respectivement environ 73,7 % et 26,3 % des ressources d’emprunt inscrites dans la loi de finances.

Cette répartition ne doit pas être confondue avec la structure de l’encours de dette. Les ressources d’emprunt correspondent à des flux de financement sur une période, alors que l’encours mesure les engagements accumulés.

Infographie sur l’évolution des finances publiques tunisiennes entre 2017 et la LF 2026. Trois graphiques présentent la dette publique, passée de 66,9 % à 83,4 % du PIB, le déficit budgétaire, marqué par un pic à 9,7 % du PIB en 2020, et les variations annuelles de l’endettement en points de PIB.
Infographie générée par IA – ChatGPT

L’autofinancement de l’État : une autonomie à relativiser

Dans sa publication, le Dr Arem Belhadj accompagne à deux reprises ses chiffres d’une référence critique à la politique de recours aux ressources nationales.

Cette observation soulève une distinction essentielle : financer davantage la dette publique auprès de sources intérieures n’équivaut pas nécessairement à réduire le besoin d’endettement.

La modification de l’origine des financements peut répondre à plusieurs contraintes et choix de politique économique. Mais son efficacité ne peut être appréciée uniquement à partir de la nationalité ou de la localisation des créanciers.

Elle dépend aussi du coût des emprunts, des échéances de remboursement, des ressources budgétaires mobilisables et des conditions de financement de l’économie.

Le débat ne porte donc pas seulement sur la substitution de la dette intérieure à la dette extérieure. Il concerne également la capacité des finances publiques à supporter durablement les remboursements et à préserver des marges de financement pour les autres besoins économiques.

La comparaison proposée entre 2019 et 2026 met ainsi en lumière une transformation majeure du financement de l’État tunisien. Elle appelle toutefois une harmonisation des séries statistiques avant de tirer des conclusions définitives sur l’évolution de l’ensemble des ratios.

EN BREF

  • La dette publique tunisienne a changé de structure entre 2019 et les estimations pour 2026, selon une publication attribuée au Dr Arem Belhadj.
  • La part de la dette intérieure passerait de 29,6 % à 66,1 % de l’encours total.
  • Le service de la dette intérieure occupe une place croissante dans les obligations financières de l’État.
  • La loi de finances 2026 prévoit davantage d’emprunts intérieurs que d’emprunts extérieurs.
  • Cette évolution ne signifie pas une diminution de l’endettement global.
  • Plusieurs ratios du post nécessitent encore une harmonisation avec les séries officielles.
  • Indicateurs des finances publiques — ministère des Finances.