Le doyen de l’Ordre des ingénieurs tunisiens, Mohsen Gharsi, estime qu’environ 23 % des ingénieurs inscrits seraient sans emploi. Présentée le 24 octobre 2026, cette proportion reste à consolider. Elle soulève une question économique : comment transformer les compétences disponibles en emplois qualifiés ?

Le chiffre interpelle, mais sa portée doit être précisée. Lors d’une manifestation consacrée à la créativité des ingénieurs, Mohsen Gharsi a indiqué que l’Ordre comptait plus de 100 000 inscrits, dont 43 % de femmes, selon la Radio nationale tunisienne.

Un taux à consolider

Le doyen a également évoqué une proportion d’environ 23 % d’inscrits sans emploi. Business News précise que cette estimation doit être affinée et actualisée avec le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle. Les sources consultées ne donnent pas la méthode de calcul, la date du recensement ni la définition opérationnelle de la situation « sans emploi ».

La prudence s’impose aussi face aux statistiques nationales. L’Institut national de la statistique (INS) établit le taux de chômage à 14,9 % au deuxième trimestre 2026, et à 26,6 % pour les diplômés de l’enseignement supérieur. Ces indicateurs reposent sur d’autres populations de référence : ils ne confirment ni ne réfutent les 23 % avancés pour les inscrits à l’Ordre.

Des diplômes aux emplois productifs

Autre repère : selon des données du ministère relayées par WMC en mars, les bureaux de l’emploi recensaient 3 891 ingénieurs parmi leurs demandeurs d’emploi, sur la base d’une actualisation au 20 février 2026. Cette inscription administrative ne couvre pas nécessairement toutes les personnes sans emploi et ne se compare pas directement à l’estimation ordinale.

Au-delà des méthodes, Mohsen Gharsi met en cause la capacité de l’économie à offrir des débouchés et évoque le départ de jeunes compétences, notamment dans les spécialités informatiques. C’est une analyse du responsable professionnel, pas une causalité démontrée par les chiffres cités.

Pour apprécier la situation, il faudrait rapprocher des données datées sur les inscrits, les personnes effectivement en recherche d’emploi et les recrutements. L’enjeu n’est pas seulement le nombre d’ingénieurs formés, mais la capacité des investissements et des entreprises à mobiliser leurs qualifications.

CHIFFRES CLÉS

  • Plus de 100 000 ingénieurs inscrits à l’Ordre, selon son doyen au 24 octobre 2026.
  • 43 % de femmes parmi ces inscrits, selon la même déclaration.
  • Environ 23 % d’inscrits sans emploi, estimation de l’Ordre à consolider.
  • 14,9 % : taux de chômage national au deuxième trimestre 2026, selon l’INS.
  • 26,6 % : taux de chômage des diplômés du supérieur au deuxième trimestre 2026, selon l’INS.
  • 3 891 ingénieurs demandeurs d’emploi inscrits auprès des bureaux de l’emploi, selon des données ministérielles actualisées au 20 février 2026 et relayées par WMC avec TAP.