Le président de la Chambre des représentants libyenne prévoit de consulter, sous dix jours, des experts de l’économie, des banques, du pétrole et des finances. Cette initiative, annoncée après une réunion à Benghazi, doit alimenter un projet de réforme. Quatre dossiers dominent les discussions : dépenses publiques, protection des fonds, dinar et diversification.
Une consultation, pas encore un plan adopté
Le 22 octobre, le président de la Chambre, Al-Salihin Abdul-Nabi, a rencontré Ahmed Khalifa Bridan, président du Conseil national de planification. Selon le communiqué parlementaire et les précisions du porte-parole Abdullah Blehaq, les participants ont convenu de préparer une liste d’experts libyens à réunir dans un délai de dix jours.
L’annonce, reprise le 24 octobre par The Libya Observer, ne fixe ni calendrier d’adoption, ni coût, ni financement des mesures envisagées. Elle ouvre une phase de consultations, sans constituer une décision de réforme.
Dépenses publiques et dinar : deux équilibres sensibles
Premier arbitrage : rationaliser la dépense sans confondre économies annoncées et économies réalisées. Le deuxième porte sur la protection des fonds publics, dont les mécanismes concrets restent à préciser.
Troisième chantier, le taux de change du dollar face au dinar libyen. Le communiqué évoque l’étude d’un ajustement, sans indiquer de nouveau taux, de sens de variation ou de date d’application. Toute conclusion sur une dévaluation ou une appréciation serait prématurée.
Libye : démission de Naji Issa et crise à la Banque centrale
CHIFFRES CLÉS
- 10 jours : délai annoncé le 22 octobre 2026 pour réunir les experts.
- 114,58 milliards LYD : recettes publiques publiées de janvier à septembre 2026.
- 111,6 milliards LYD : recettes pétrolières et redevances sur cette période.
- 97,4 % : part calculée par des recettes pétrolières et redevances dans le total publié
Diversifier une économie dépendante du pétrole
Le quatrième arbitrage vise les revenus hors hydrocarbures. L’ampleur du défi apparaît dans les statistiques de la Banque centrale : de janvier à septembre 2026, les recettes pétrolières et redevances atteignent 111,6 milliards de dinars libyens, sur 114,58 milliards de recettes publiques publiées, soit environ 97,4 % selon le calcul de WMC.
Cette dépendance souligne la difficulté d’élargir les recettes non pétrolières. Elle explique pourquoi une discussion sur la dépense ne peut être dissociée des choix monétaires et du financement de l’économie.
À ce stade, le prochain jalon vérifiable reste la tenue de la rencontre d’experts. Sa composition, les propositions retenues et l’éventuelle traduction de celles-ci en décisions devront être établies séparément.
EN BREF
- La Chambre libyenne prévoit de réunir sous dix jours des spécialistes de l’économie, de la banque, du pétrole et des finances pour contribuer à un projet de plan économique d’urgence.
- Les discussions portent sur la rationalisation de la dépense, la protection des fonds publics, l’étude d’un ajustement du taux de change et la diversification des recettes.
- Aucun nouveau taux de change ni chiffrage du plan n’ont été publiés. Les recettes pétrolières et redevances représentaient environ 97,4 % des recettes publiques publiées entre janvier et septembre 2026.


