L’extension de Tunis-Carthage vise une capacité de 18,5 millions de passagers par an. Mais l’ambition aéroportuaire pose une autre question : comment relier efficacement les futures installations au centre de Tunis, au Grand Tunis et aux autres modes de transport ? Les calendriers officiels eux-mêmes restent à clarifier.

Une extension déjà chiffrée

Le ministère du Transport a présenté en mars 2026 un projet estimé initialement à 3 milliards de dinars. Il prévoit notamment une nouvelle aérogare de 11 millions de passagers annuels et l’extension du terminal actuel à 7 millions, en complément d’une capacité de 500 000 passagers pour le terminal 2.

Tunisie : un projet d’extension de l’aéroport Tunis-Carthage pour porter sa capacité à 18,5 millions de passagers

La cible globale de 18,5 millions constitue une capacité d’accueil projetée, et non une prévision de fréquentation. Quant à l’échéance, elle varie selon les communications : fin 2030 dans un document de la Présidence du gouvernement publié en février, fin 2031 dans la réponse du ministère relayée en mars.

Le rail, pièce maîtresse des correspondances

Le conseil ministériel de février a également examiné une liaison ferroviaire entre le centre-ville et l’aéroport. Le tracé proposé comporte trois étapes, dont une première section de 8 kilomètres vers Tunis-Carthage. Cette programmation ne permet toutefois pas de confirmer une date de mise en service.

À l’occasion d’un séminaire universitaire évoqué par La Presse le 25 octobre, l’architecte Derek A. R. Moore a défendu une conception de l’aéroport comme pôle de mobilité : parcours des voyageurs, connexions terrestres et insertion urbaine doivent être pensés ensemble.

Des capacités à coordonner

Pour le Grand Tunis, le défi ne se limite donc pas à la route ou au rail. Il concerne aussi la coordination des accès urbains, la simplicité des correspondances et l’information numérique des passagers. Le gouvernement a placé la numérisation au cœur de sa vision aéroportuaire, sans que les sources consultées détaillent un calendrier opérationnel pour ces services.

L’enjeu économique est de faire progresser les infrastructures terrestres au rythme de l’extension aérienne. À défaut, davantage de capacité dans les terminaux ne garantirait pas, à elle seule, des déplacements plus fluides.

CHIFFRES CLÉS

  • 18,5 millions de passagers par an : capacité totale visée.
  • 3 milliards de dinars : coût initial estimé du projet.
  • 11 millions : capacité annuelle prévue pour la nouvelle aérogare.
  • 7 millions : capacité annuelle projetée du terminal existant après extension.
  • 8 kilomètres : première section proposée de la liaison ferroviaire avec le centre-ville.

Présidence du gouvernement — Conseil ministériel du 25 février 2026