Le capitaine Ezzedine Kacem, président et fondateur du Bloc maritime tunisien, a alerté, mardi 20 octobre 2026, sur le recul de la flotte marchande nationale et les insuffisances des infrastructures portuaires. Invité de l’émission Ecomag sur Express FM, il a plaidé pour une modernisation du secteur et l’accélération du projet de port en eaux profondes d’Enfidha.
Une flotte marchande en recul
Selon Ezzedine Kacem, la Tunisie disposait de 42 navires marchands durant les années 1970 et 1980, dont 28 petites unités d’une capacité comprise entre 3 000 et 5 000 tonnes. Cette flotte permettait notamment de desservir des marchés asiatiques, dont l’Inde et l’Indonésie.
L’intervenant a déploré la réduction progressive des capacités nationales et la disparition de plusieurs lignes maritimes. Il a également évoqué quatre navires de la Compagnie tunisienne de navigation (CTN), qu’il a présentés comme destinés aux passagers. Cette affirmation doit toutefois être nuancée : la CTN indique officiellement exploiter deux car-ferries et quatre navires rouliers affectés au fret.
Radès confronté à la congestion
Le capitaine a également pointé les limites des infrastructures portuaires tunisiennes, dont certaines remontent au XIXe siècle.
Selon lui, la faible profondeur de plusieurs ports, comprise entre 6 et 8 mètres, limite l’accueil des grands navires.
Concernant Radès, il a évoqué une superficie d’environ 40 hectares et une capacité initiale de 6 000 conteneurs, contre un volume atteignant 14 000 conteneurs, sans préciser la période concernée.
Cette congestion entraînerait, selon son analyse, des retards de livraison et des coûts supplémentaires pour les entreprises importatrices et exportatrices, susceptibles de se répercuter sur les consommateurs.
Enfidha, une priorité stratégique
Ezzedine Kacem a appelé à accélérer le projet de port en eaux profondes d’Enfidha, qu’il affirme défendre depuis 1986. Il a rappelé qu’une estimation de 500 millions de dollars avait été avancée en 2002.
Il préconise une profondeur pouvant atteindre 25 mètres, ainsi que la création de plateformes logistiques intérieures reliées aux zones industrielles et agricoles.
L’objectif serait de positionner la Tunisie sur les flux maritimes reliant l’Asie, l’Europe et l’Afrique de l’Ouest.
Enfin, il a souligné le potentiel de l’économie bleue, estimant qu’elle pourrait représenter 20 % du PIB, sans préciser la méthode de calcul. Il appelle à renforcer la formation maritime, la numérisation portuaire et les infrastructures logistiques pour améliorer la compétitivité du commerce extérieur tunisien.
CHIFFRES CLÉS
- 42 navires marchands : flotte historique évoquée par Ezzedine Kacem pour les années 1970 et 1980.
- 6 navires : flotte présentée officiellement par la CTN, dont quatre rouliers de fret.
- 6 000 et 14 000 conteneurs : chiffres évoqués pour Radès, sans période comparable précisée.
- 500 millions de dollars : estimation historique du projet d’Enfidha évoquée pour 2002.
- 25 mètres : profondeur proposée par Ezzedine Kacem pour le futur port.
- 20 % du PIB : potentiel estimé de l’économie bleue selon l’intervenant, non corroboré.


