Illustration symbolique d'un voyageur avec une valise contemplant un paysage urbain tunisien, accompagnée d'indicateurs du Global Relocation Index 2026.
Image IA – ChatGPT

La Tunisie figure au 124e rang sur 192 pays et territoires dans le Global Relocation Index 2026, publié par le cabinet singapourien Rumavi. Avec un score global de 58,6 sur 100, le pays affiche des performances contrastées en matière de conditions financières, de qualité de vie, de sécurité et de possibilités d’installation à l’étranger. Gros plan sur un classement international qui met notamment en évidence certaines faiblesses de l’environnement des affaires en Tunisie, sans constituer pour autant une évaluation globale du climat d’investissement.

Que mesure réellement le Global Relocation Index ?

Contrairement à la relocalisation industrielle, qui désigne notamment le retour d’activités productives dans leur pays d’origine, la relocalisation étudiée par Rumavi concerne principalement les personnes souhaitant s’installer durablement à l’étranger, pour y vivre, travailler, entreprendre ou prendre leur retraite.

Spécialisé dans la mobilité internationale, la résidence par investissement et l’immobilier transfrontalier, le cabinet singapourien Rumavi a lancé en 2026 la première édition de son Global Relocation Index. Ce classement évalue 192 pays et territoires afin d’aider les particuliers, les familles et les entrepreneurs à comparer leurs possibilités d’installation à l’étranger.

L’évaluation repose sur 24 indicateurs, répartis entre quatre piliers :

  • Finances et fiscalité : coût de la vie, fiscalité des revenus, logement, environnement bancaire et monétaire.
  • Qualité de vie et santé : accès aux soins, qualité des services de santé, environnement, climat et infrastructures numériques.
  • Sécurité et stabilité : sécurité quotidienne, État de droit, stabilité politique, risques de conflit et droits de propriété.
  • Conditions d’installation et opportunités : accessibilité des visas, perspectives de résidence permanente, éducation, environnement des affaires, langues et écosystème des startups.

Les indicateurs sont normalisés sur 100, puis pondérés selon différents profils, notamment les retraités, les familles, les entrepreneurs et les travailleurs nomades.

« Il serait excessif d’interpréter la position de la Tunisie comme la preuve d’un échec de sa politique d’attraction des entreprises européennes, car le classement évalue les personnes et non les transferts d’usines. »

La Tunisie face à la question de l’attractivité

L’attractivité de la Tunisie pour les investisseurs étrangers et sa capacité à accueillir des activités industrielles relocalisées constituent des enjeux économiques distincts de ceux mesurés par Rumavi. Si le rapprochement géographique avec l’Europe peut intervenir dans les décisions d’implantation des entreprises, le classement 2026 n’évalue ni les transferts d’usines, ni les flux d’investissements industriels, ni les résultats des stratégies de nearshoring.

Il serait donc excessif d’interpréter la position de la Tunisie dans cet indice comme la preuve d’un échec de sa politique d’attraction des entreprises européennes. En revanche, certains critères retenus par Rumavi, notamment les opportunités d’affaires, l’environnement entrepreneurial et les conditions d’installation, fournissent un éclairage complémentaire sur les difficultés auxquelles peuvent être confrontées les personnes souhaitant entreprendre dans le pays.

« Avec 64,9 points en finances et fiscalité contre 31 points pour les opportunités d’affaires, le rapport souligne l’écart entre faible coût de la vie et complexité entrepreneuriale. »

Points forts et points de vigilance

Avec un score global de 58,6 sur 100, la Tunisie présente des résultats contrastés dans les quatre piliers du classement. Sa meilleure performance concerne les finances et la fiscalité, avec 64,9 points, devant la qualité de vie et la santé (60,2 points) et la sécurité et la stabilité (57,5 points). Le score le plus faible est enregistré dans les conditions d’installation et les opportunités, avec 48,8 points.

Ce dernier pilier prend en compte notamment l’accessibilité des visas, les perspectives de résidence permanente, l’éducation, les opportunités d’affaires, les compétences linguistiques et l’écosystème des startups. Sur ces deux derniers critères économiques, le cabinet attribue à la Tunisie 31 points pour les opportunités d’affaires et 31,6 points pour l’écosystème des startups. Ces évaluations constituent des signaux de vigilance dans le cadre de la méthodologie propre à Rumavi, sans suffire à établir une dégradation générale de l’environnement économique tunisien.

« Un coût de la vie attractif ne suffit plus : sans environnement des affaires moderne, la compétitivité financière reste un vœu pieux. »

Positionnement de la Tunisie au niveau régional

Dans le classement mondial général de Rumavi, la Tunisie occupe la 124e place, derrière le Maroc, classé 106e, mais devant l’Égypte (128e) et l’Algérie (132e). Ces résultats font apparaître des écarts entre les quatre pays du Maghreb et de son voisinage immédiat, sur la base des critères retenus pour apprécier les conditions d’installation à l’étranger.

Les pays du Golfe ont dominé le classement MENA : les Émirats arabes unis ont dominé le classement régional avec 69,4 points, se classant 13e au niveau mondial. Cette performance s’explique par leurs excellents résultats en matière de conditions financières et fiscales (83,9), de sécurité et de stabilité (74,5) et d’établissement et d’opportunités (70,5).

Au niveau mondial, l’Estonie arrive en tête du Global Relocation Index 2026, avec un score de 72,8 points sur 100, devant Singapour (72,6 points) et la Malaisie (72 points). Ce classement traduit la performance de ces destinations selon les critères et les pondérations retenus par Rumavi ; il ne constitue pas un jugement absolu sur la qualité de vie dans chacun des pays évalués.

Le Portugal se classe quatrième avec 71,6 points, suivi de Taïwan (71,4), de la Lituanie et de Hong Kong (71 chacun).

L’Afghanistan occupe la dernière place, avec 39,5 points, précédé par le Yémen (41,4) et le Soudan du Sud (42,3). Le Niger et le Tchad suivaient avec respectivement 42,4 et 42,8 points.

EN BREF

  • Rang mondial : La Tunisie se classe 124ᵉ sur 192 pays avec une note globale de 58,6/100 dans le Global Relocation Index 2026 de Rumavi.
  • Atout financier : Le pilier « Finances et fiscalité » constitue le point fort du pays (64,9/100), soutenu par un faible coût de la vie.
  • Alerte business : Les opportunités d’affaires (31/100) et l’écosystème des startups (31,6/100) enregistrent des scores particulièrement bas.
  • Position régionale : La Tunisie se positionne derrière le Maroc (106ᵉ) mais devance l’Égypte (128ᵉ) et l’Algérie (132ᵉ).
  • Périmètre d’analyse : L’indice mesure la mobilité individuelle (personnes, entrepreneurs) et non l’attractivité industrielle ou le nearshoring.