
Plus de 80 % des investissements concentrés dans deux régions
La progression des investissements directs étrangers en Tunisie masque une forte disparité territoriale. D’après les données du ministère de l’Économie et de la Planification rapportées le 18 octobre 2026 par La Presse, les deuxième et troisième régions concentrent respectivement 64 % et 17,3 % des flux d’investissements étrangers hors énergie.
Ces deux ensembles territoriaux captent ainsi 81,3 % des investissements concernés, contre 18,7 % pour les trois autres régions réunies. Le deuxième district, qui comprend notamment le Grand Tunis et Nabeul, représente à lui seul près des deux tiers des flux.
Cette concentration constitue un enjeu majeur pour le développement régional. La hausse nationale des IDE ne signifie pas nécessairement que leurs retombées bénéficient de manière comparable à l’ensemble du territoire.
L’industrie manufacturière absorbe près de 63 % des IDE
En 2025, les IDE ont atteint 3 506,5 millions de dinars, soit une progression annuelle de 30,1 %, selon les données de la Banque centrale de Tunisie.
L’industrie manufacturière demeure leur première destination, avec 2 194,1 millions de dinars, soit 62,6 % du total. Les services suivent avec 657,9 millions de dinars, devant l’énergie (570,8 millions) et l’agriculture (83,7 millions).
Cette structure confirme le poids des activités industrielles dans l’accueil des capitaux étrangers. Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, de mesurer la proportion de valeur ajoutée produite localement, ni le degré d’intégration des entreprises tunisiennes dans les chaînes de production.
Combien d’emplois les IDE ont-ils créés en Tunisie en 2025 et dans quelles régions se concentrent-ils ?
Selon les données officielles reprises dans une réponse parlementaire, les IDE ont contribué à créer 14 085 emplois en Tunisie en 2025, hors énergie. Les deuxième et troisième régions concentrent ensemble 81,3 % des flux territorialisés hors énergie. L’industrie manufacturière représente par ailleurs 62,6 % du montant total des IDE.
Les extensions génèrent l’essentiel des emplois
Hors énergie, les investissements étrangers ont donné lieu à 921 opérations, représentant 2 935,7 millions de dinars et 14 085 emplois.
Les 819 projets d’extension ont généré 10 171 postes, contre 3 914 pour les 102 projets de création. Les entreprises déjà implantées représentent ainsi la majeure partie des emplois supplémentaires recensés.
Ce résultat souligne le rôle de l’élargissement des capacités existantes. Il ne renseigne cependant ni sur les rémunérations, ni sur les qualifications recherchées, ni sur la stabilité des postes créés.
La distinction est importante : le nombre d’emplois mesure une retombée quantitative, mais ne suffit pas à apprécier leur qualité économique et sociale.
Au-delà des montants, mesurer les retombées locales
Le bilan 2025 confirme une progression des flux d’investissements étrangers et une contribution à l’emploi. Il laisse néanmoins ouvertes deux questions essentielles : la diffusion géographique des projets et leur capacité à générer davantage de valeur ajoutée sur le territoire tunisien.
Pour apprécier cette contribution, il faudrait notamment disposer de données sur les achats auprès des fournisseurs locaux, les qualifications, les rémunérations et la répartition territoriale des emplois.
Le véritable enjeu dépasse donc le volume des capitaux attirés. Il concerne aussi leur implantation, leur intégration au tissu productif national et la possibilité pour les régions moins bénéficiaires de participer à cette dynamique.
CHIFFRES CLÉS
- 3 506,5 millions de dinars : flux d’IDE enregistrés en Tunisie en 2025.
- +30,1 % : progression des IDE par rapport à 2024.
- 14 085 emplois : postes créés en 2025, hors énergie.
- 921 opérations : 102 créations et 819 extensions, hors énergie.
- 2 194,1 millions de dinars : IDE dans l’industrie manufacturière, soit 62,6 % du total.
- 81,3 % : part cumulée des deuxième et troisième régions dans les flux territorialisés hors énergie, selon les proportions rapportées.


