L’élaboration d’un projet de loi relatif à la mise en place d’un système de couverture des catastrophes naturelles, la poursuite des travaux techniques en vue de l’instauration d’une assurance agricole, ainsi que le renforcement du rôle du marché financier dans la mobilisation de l’épargne et la diversification des sources de financement de l’économie figurent parmi les principales mesures visant à développer le secteur des assurances en Tunisie.
Ces mesures s’inscrivent dans le cadre des orientations de la politique budgétaire et monétaire du pays, telles que présentées dans le document du projet de budget économique pour 2027.
Elles visent à renforcer le rôle du système financier dans le financement des agents économiques, notamment, les nouveaux entrepreneurs et les petites et moyennes entreprises (PME), à travers une meilleure complémentarité entre le secteur bancaire, le marché financier et le secteur des assurances.
Des réformes visant à développer la couverture et la lutte contre les risques
Outre l’élaboration d’un projet de loi relatif à la mise en place d’un système de couverture des catastrophes naturelles, la poursuite des travaux techniques en vue de l’instauration d’une assurance agricole, les réformes prévoient la révision des accords conclus pour la création de bureaux de représentation de compagnies étrangères d’assurance et de réassurance, ainsi que de succursales non résidentes.
Cette révision vise à y intégrer des dispositions permettant au Comité général des assurances (CGA) d’exercer un contrôle sur les activités de ces bureaux et succursales, notamment, en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la prolifération des armes.
Les mesures incluent également l’amélioration et la révision des mémorandums d’entre entre le CGA et ses homologues étrangers, à travers l’introduction de dispositions visant à renforcer la coordination en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la prolifération des armes.
Traitement des créances classées
En ce qui concerne le secteur bancaire, les efforts seront axés en 2027 sur le renforcement de son rôle dans la mobilisation des financements nécessaires, tout en veillant à préserver sa stabilité financière.
Les interventions porteront sur la poursuite du renforcement du contrôle des établissements bancaires et la mise en œuvre de la stratégie de traitement des créances classées, ainsi que sur l’accélération des programmes de restructuration des banques à capitaux mixtes et de la Banque de financement des petites et moyennes entreprises (BFPME).
Elles concerneront, également, le développement des services de la Société tunisienne de garantie (SOTUGAR), afin de constituer un levier financier supplémentaire pour soutenir le financement des projets d’investissement.
La mobilisation de l’épargne et la diversification du financement
Malgré les performances positives enregistrées, au cours du premier semestre 2026, le marché financier nécessite des réformes structurelles pour relever les nombreux défis qui entravent son développement, notamment, le nombre limité de sociétés cotées et la prédominance du secteur bancaire dans la capitalisation boursière et le volume des transactions, selon le document du projet de budget économique pour 2027.
Ainsi, il demeure impératif d’élargir la base des investisseurs, de renforcer la liquidité du marché et de développer des mécanismes financiers et de nouveaux produits d’investissement, afin de favoriser la mobilisation de l’épargne nationale et son orientation vers l’investissement, tout en renforçant la contribution du marché des capitaux au financement de la croissance économique.
Dans ce contexte, les principales orientations pour 2027 consistent à développer le marché financier, à renforcer sa capacité à mobiliser l’épargne et à diversifier les sources de financement de l’économie, à travers l’amélioration du cadre législatif et réglementaire afin de l’aligner sur les meilleures pratiques et les expériences internationales, tout en renforçant l’attractivité du marché et en incitant les entreprises à s’introduire en Bourse et à tirer parti des mécanismes disponibles en matière d’épargne et d’investissement.
Des efforts seront également déployés pour promouvoir la culture financière et faciliter l’accès à l’information, à travers la création d’une plateforme numérique dédiée à l’éducation financière, ainsi que pour renforcer la sensibilisation des investisseurs et des épargnants à leurs droits, aux avantages et aux risques liés à l’investissement sur le marché financier, ainsi qu’aux mécanismes de protection disponibles.
Dans le cadre de ces orientations, il sera également question de renforcer le rôle du marché financier dans le financement des grands projets et de ceux réalisés dans le cadre de partenariats public-privé (PPP).
Il s’agira également de diversifier les instruments de financement de l’État et des collectivités locales, à travers le développement du marché obligataire, des produits d’épargne et d’investissement et des organismes de placement collectif, ainsi que la dynamisation du marché secondaire des instruments financiers et monétaires.
D’autre part, les efforts porteront, au cours de l’année prochaine, sur le renforcement de la transparence afin de consolider la confiance des investisseurs et des épargnants et d’améliorer le fonctionnement du marché, grâce à une meilleure coordination et complémentarité entre les différentes composantes du secteur financier, à savoir le marché monétaire, le marché financier et le secteur des assurances.
Ils viseront également à soutenir le financement durable, à travers la mise en place d’un système national d’attribution du label « Entreprise verte ou durable » et la création d’un indice de durabilité au sein de la Bourse de Tunis.


