
Les marchés financiers internationaux ont terminé la semaine sur des trajectoires contrastées. Le recul marqué des valeurs technologiques américaines, la résistance des Bourses européennes et les fluctuations du pétrole témoignent de réactions différentes aux risques économiques, financiers et géopolitiques.
Wall Street recule, les actions européennes progressent
Aux États-Unis, le Nasdaq Composite a perdu 4,5 % entre les clôtures des 9 et 16 octobre, contre un recul de 1,9 % pour le S&P 500. Le Dow Jones a mieux résisté, avec une progression hebdomadaire de 0,7 %, malgré sa baisse de vendredi.
Les inquiétudes entourant le financement des infrastructures d’intelligence artificielle ont particulièrement affecté les valeurs technologiques. Le recours à l’endettement, le niveau des taux d’intérêt et les interrogations sur la rentabilité future des investissements ont alimenté les ventes, selon les analyses de marché rapportées par Reuters et Associated Press.
En Europe, le tableau est différent. Le STOXX Europe 600 a progressé de 2,09 % sur la semaine, réalisant sa meilleure performance hebdomadaire depuis fin juin, selon Reuters. Les résultats et perspectives d’entreprises telles qu’ASML, Aixtron et Ericsson ont contribué à soutenir les investisseurs.
Le FTSE 100 britannique a gagné 3,13 %, tandis que le DAX allemand progressait de 2,13 % et le CAC 40 français de 1,97 %.
En Asie, le Nikkei 225 japonais a perdu 5,37 % sur la semaine et le CSI 300 chinois 3,40 %. À Hong Kong, le Hang Seng est resté quasiment stable, à −0,10 %. Ces chiffres montrent que la correction des actions n’a été ni uniforme ni synchronisée.
Les dix indices de référence
Clôtures du vendredi 16 octobre 2026, en points. Variation hebdomadaire calculée par rapport au 9 octobre ; monnaies locales et méthodologies propres aux indices.
| Indice | Clôture | Séance | Semaine |
|---|---|---|---|
| S&P 500 | 7 659,44 | −1,09 % | −1,90 % |
| Nasdaq Composite | 26 140,03 | −2,15 % | −4,50 % |
| Dow Jones | 52 002,41 | −0,34 % | +0,70 % |
| STOXX Europe 600 | 644,74 | +0,72 % | +2,09 % |
| CAC 40 | 7 956,70 | +0,28 % | +1,97 % |
| DAX | 25 622,61 | +0,95 % | +2,13 % |
| FTSE 100 | 10 881,90 | +0,38 % | +3,13 % |
| Nikkei 225 | 65 324,29 | +1,39 % | −5,37 % |
| CSI 300 | 4 170,61 | +0,11 % | −3,40 % |
| Hang Seng | 24 186,83 | +0,52 % | −0,10 % |
Les données hebdomadaires reprennent les performances publiées ou les calculs à partir des clôtures des 9 et 16 octobre. Le DAX est notamment un indice de performance intégrant les dividendes, contrairement à plusieurs autres indices du tableau.
Le dollar perd du terrain face aux grandes devises
Le marché des changements a également enregistré un changement de direction. Selon le pointage Reuters du vendredi 16 octobre, l’indice DXY, qui convient au dollar face à six grandes devises, reculait de 0,35 % sur la semaine, à 101,87 points.
L’euro progressait de 0,23 % face au dollar et la livre sterling de 0,63 %. Le yen japonais gagnait également environ 0,13 % face à la monnaie américaine.
Reuters rapporte cette évolution au recul des anticipations de hausse des taux de la Réserve fédérale et aux préoccupations financières concernant le secteur technologique américain. Ces facteurs ont limité le soutien apporté habituellement au dollar par les tensions sur les marchés.
Pointage Reuters du 16 octobre, pendant l’après-midi de New York — cotations indicatives, non fixations officielles.
| Paire ou indice | Niveau | Semaine |
|---|---|---|
| EUR/USD | 1 1227 | +0,23 % |
| GBP/USD | 1 3314 | +0,63 % |
| USD/JPY | 158,11 | ≈ −0,13 % |
| DXY | 101,87 points | −0,35 % |
Pour USD/JPY, la variation est une approximation déduite de la progression hebdomadaire du yen rapportée par Reuters.
Pétrole : forte hausse vendredi, réponse dès dimanche soir
Le pétrole a connu un mouvement particulièrement marqué.
Vendredi 16 octobre, le Brent a terminé à 109,86 dollars le baril, en hausse de 3,72 % sur la séance. Le WTI américain a atteint 101,41 dollars. Sur la semaine, les deux références ont respectivement progressé de 4,9 % et 10,4 %, selon Reuters.
Les tensions au Moyen-Orient et les perturbations concernant les infrastructures énergétiques russes ont renforcé les préoccupations sur l’approvisionnement mondial.
Mais le marché a changé de direction dès sa réouverture. Le dimanche 18 octobre, à 22 h 14 UTC, soit 23 h 14 à Tunis, Reuters rapportait un Brent à 108,80 dollars et un WTI à 101,18 dollars.
Ce recul initial intervenait après une décision américaine d’assouplissement des sanctions et droits de douane visant la Russie, susceptible d’augmenter les disponibilités de produits énergétiques russes.
Ces prix du 18 octobre sont des cotations intrajournalières. Ils ne remplacent pas les clôtures du vendredi et ne constituent pas un nouveau bilan hebdomadaire.
Métaux et céréales : une évolution moins favorable
Le pétrole n’a pas entraîné toutes les matières premières dans son mouvement.
Le contrat à terme sur l’or pour décembre 2026 s’établissait à 4 181,10 dollars l’une fois troy vendredi, en recul de 0,83 % sur la semaine, malgré une légère hausse lors de la dernière séance.
Le contrat de décembre sur le blé tendre de Chicago atteignait 660,50 cents américains par boisseau, soit une baisse hebdomadaire de 1,56 %. Le cuivre a également fait l’objet de relevés orientés à la baisse sur la semaine, mais une divergence entre les séries du fournisseur empêche de retenir ici une cotation chiffrée définitive.
Ces références restent des cours de marché : elles ne correspondent pas essentiellement aux prix auxquels les importateurs achètent effectivement leurs matières premières.
- Tunisie : le déficit commercial bondit de 25,5 % à fin septembre 2026, plombé par l’énergie
- INS — Commerce extérieur aux prix courants, septembre 2026
Tunisie : les trois canaux de transmission à surveiller
Pour la Tunisie, la possibilité internationale appelle une lecture différenciée.
Le premier canal est énergétique. Selon l’Institut national de la statistique, le déficit commercial énergétique tunisien atteignait 10 480 millions de dinars sur les neuf premiers mois de 2026, sur un déficit commercial total de 20 997 millions de dinars. Cette dépendance commerciale rend l’évolution des prix pétroliers importante à surveiller. Toutefois, les cours observés en octobre ne permettent pas, à eux seuls, de mesurer leur impact budgétaire.
Le deuxième canal est monétaire. Les mouvements du dollar et de l’euro peuvent affecter les coûts d’importation et la valeur des recettes extérieures selon les devises de facturation. Il serait néanmoins prématuré de conclure à un avantage ou à un désavantage pour le dinar sans disposer de références de changement comparables de la Banque centrale de Tunisie.
Le troisième canal concerne les matières premières agricoles et industrielles. La réponse hebdomadaire du blé de Chicago constitue un indicateur de marché, mais ne préjuge ni des prix contractuels tunisiens, ni des frais de transport, ni des conditions d’approvisionnement.
Après une semaine dominée par la correction technologique américaine et les tensions énergétiques, les prochaines séances permettront d’observer si les divergences entre marchés persistent. Pour la Tunisie, l’enjeu reste de distinguer les fluctuations des cours internationaux de leur transmission effective aux coûts en dinars.
CHIFFRES CLÉS
- −4,5 % : recul hebdomadaire du Nasdaq Composite, du 9 au 16 octobre.
- +2,09 % : progression du STOXX Europe 600 sur la même période.
- −0,35 % : variation hebdomadaire du DXY selon Reuters le 16 octobre.
- 109,86 USD/baril : cours de fin de séance du Brent vendredi 16 octobre.
- 108,80 USD/baril : cotation intrajournalière du Brent dimanche 18 octobre à 22 h 14 UTC.
- 10 480 MD : déficit commercial énergétique tunisien cumulé de janvier à septembre 2026, selon l’INS.



