La Tunisie s’apprête à actualiser son inventaire national de la diversité biologique, dont la dernière version date de 1998, afin de mieux documenter et préserver son patrimoine naturel, de plus en plus menacé. Une feuille de route a été élaborée à l’issue d’une récente réunion réunissant des experts, des chercheurs ainsi que des représentants d’institutions publiques et de la société civile. L’achèvement de cette actualisation est prévu à l’horizon 2028.
Cette initiative vise à mettre en place un réseau national d’acteurs de la recherche sur la biodiversité, chargé de centraliser les connaissances récentes sur les espèces présentes en Tunisie, de valoriser les données disponibles et d’organiser des missions de terrain pour combler les lacunes scientifiques. Les discussions ont notamment porté sur la définition des priorités, les modalités de partage des données et le renforcement de la coordination entre les parties prenantes.
Fondée sur une approche participative, cette démarche vise à instaurer un mécanisme pérenne de mise à jour des connaissances, à fournir aux décideurs des données scientifiques fiables et à soutenir les efforts de conservation des ressources naturelles, dans une perspective de développement durable. Elle doit également consolider les bases scientifiques nécessaires à la mise en œuvre de la Stratégie et du Plan d’action nationaux pour la biodiversité, conformément au Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal.
Cette action s’inscrit dans le cadre du projet d’appui à la gouvernance environnementale et climatique pour une transition écologique en Tunisie (PAGECTE), cofinancé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et l’Union européenne. Ce projet relève du volet “gouvernance environnementale” du programme « Tunisie verte et durable », mis en œuvre en collaboration avec le ministère de l’Environnement et l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ).
Cette mise à jour est d’autant plus cruciale que la biodiversité tunisienne, pourtant exceptionnelle, est aujourd’hui fragilisée par plusieurs menaces : la fragmentation du territoire et la dégradation des habitats naturels, la surexploitation des ressources, notamment en raison de la surpêche et les prélèvements abusifs de plantes, ainsi que la pollution terrestre et marine liée aux déchets plastiques et aux rejets industriels et domestiques.
À ces pressions s’ajoutent les effets du changement climatique, caractérisés notamment par la hausse des températures, la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes et la raréfaction de l’eau sous l’effet de la sécheresse.
La préservation de la biodiversité représente ainsi un enjeu majeur pour la protection des écosystèmes, la sécurité alimentaire et la qualité de vie des générations actuelles et futures.


