La Tunisie a réalisé 34 transplantations d’organes entre janvier et début octobre 2026. Malgré les progrès médicaux, les besoins restent considérables. Au-delà de l’enjeu sanitaire, le développement des greffes pose la question du financement durable des soins dans les hôpitaux publics.

La transplantation d’organes progresse en Tunisie, mais l’écart entre les interventions réalisées et les besoins demeure important. Selon Bouthaina Zennad, coordinatrice nationale au Centre national pour la promotion de la transplantation d’organes (CNPTO), 34 greffes ont été effectuées entre janvier et début octobre 2026, alors que 1 425 patients figurent sur la liste d’attente pour une transplantation rénale.

Des progrès médicaux, mais une offre limitée

Le bilan comprend 25 greffes rénales, trois transplantations hépatiques et six greffes cardiaques. Quatorze dons provenant de personnes en état de mort cérébrale ont été enregistrés durant cette période.

Les six greffes cardiaques constituent un résultat notable : avant 2020, le pays réalisait généralement une à deux interventions de ce type par an.

Depuis 1986, la Tunisie totalise 2 309 transplantations rénales, dont environ 80 % à partir de donneurs vivants, selon la même responsable.

Un enjeu économique pour les hôpitaux publics

Au-delà de l’urgence médicale, la transplantation soulève une question de gestion des ressources sanitaires.

Selon la coordinatrice nationale, une greffe peut représenter un coût global inférieur à celui de traitements prolongés, notamment la dialyse. Cette appréciation reste toutefois à documenter par des données comparatives sur les dépenses hospitalières.

En Tunisie, les transplantations sont prises en charge gratuitement par l’État dans les établissements publics. Leur développement concerne donc directement l’organisation et le financement du système de santé.

Pour les patients souffrant d’insuffisance rénale, la dialyse constitue une solution d’attente. En revanche, les personnes nécessitant une transplantation cardiaque ou hépatique disposent de possibilités thérapeutiques plus limitées.

Le défi du don d’organes

À l’approche de la Journée nationale du 17 octobre, la sensibilisation apparaît comme un levier essentiel.

Une manifestation nationale, organisée le 18 octobre à La Marsa et dans les régions, doit encourager le don d’organes.

L’enjeu dépasse la multiplication des opérations : il consiste à améliorer durablement l’accès aux greffes, tout en maîtrisant les dépenses publiques de santé.

En bref — Don d’organes en Tunisie

  • 34 greffes d’organes réalisées entre janvier et début octobre 2026 : 25 rénales, 3 hépatiques et 6 cardiaques.

  • 1 425 patients en attente d’une transplantation rénale, selon les chiffres attribués à la coordinatrice nationale du CNPTO.

  • 14 dons d’organes provenant de personnes en état de mort cérébrale enregistrés sur la période.

  • 2 309 greffes rénales réalisées depuis 1986, dont environ 80 % à partir de donneurs vivants.

  • Prise en charge publique : les transplantations sont gratuites pour les patients dans les hôpitaux publics, selon la coordinatrice nationale.

  • Enjeu économique : la transplantation pourrait réduire les dépenses liées aux traitements prolongés, notamment la dialyse, mais les coûts comparatifs restent non documentés.

  • Défi majeur : développer le don d’organes et réduire les listes d’attente, à l’approche de la Journée nationale du 17 octobre.

Source : déclarations du CNPTO reprises par la TAP, octobre 2026. Les chiffres des listes d’attente nécessitent une harmonisation des dates et des périmètres avant publication définitive.