« La femme rurale au cœur des politiques publiques », tel est le thème d’une rencontre, organisée jeudi, à Tunis, dans le cadre de la campagne médiatique de plaidoyer, placée sous le slogan « 15 jours, 15 voix », laquelle vise à renforcer l’autonomisation économique des femmes en milieu rural et à mettre en valeur leur contribution au développement économique et social.

Cette campagne est organisée, du 12 au 27 octobre 2026, à l’initiative d’ONU Femmes Tunisie, lancée en collaboration avec le Fonds international de développement agricole (FIDA) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), afin d’accroître la visibilité des enjeux liés aux femmes rurales au sein des politiques publiques et à sensibiliser à l’importance d’intégrer leurs besoins dans les programmes de développement.

A cette occasion, le représentant de l’Organisation internationale du Travail (OIT) en Tunisie, Jad Boubaker, a souligné que l’autonomisation économique des femmes rurales ne doit jamais se limiter à la création d’emplois ou de projets générateurs de revenus, mais elle doit s’inscrire dans une vision plus globale, permettant aux femmes de disposer des fondements de l’autonomie, de la capacité de prendre des décisions et de participer activement à la vie publique, renforçant ainsi leur statut au sein de la famille et de la société.

Il est impératif de considérer la femme rurale comme un acteur indispensable pour réaliser le développement, et pas uniquement comme une simple bénéficiaire de programmes d’aides, a-t-il noté.

Ainsi, il a réitéré la nécessité de prendre en compte leurs propositions afin de parvenir à mettre en place des interventions et des politiques mieux adaptées à leurs besoins réels.

Boubakera, par ailleurs, recommandé d’assurer un suivi périodique de la mise en œuvre de la stratégie nationale d’autonomisation économique et sociale des femmes en milieu rural, dans le but d’identifier les obstacles entravant la réalisation de leurs objectifs et d’œuvrer à les surmonter.

Il a souligné, en outre, l’importance de garantir l’accès des femmes rurales à l’information, notamment concernant les programmes de formation, les opportunités de financement et les mécanismes d’accompagnement et d’encadrement, tout en œuvrant à simplifier les procédures et à faciliter l’accès à ces prestations.

De son côté, la directrice de sécurité sociale au ministère des Affaires sociales, Bahiya Ammari, a souligné l’importance de mettre, à la disposition des femmes rurales, un soutien financier leur permettant de créer de projets générateurs de revenus stables. La finalité est d’aider ces femmes à réaliser leurs indépendances économiques, à même d’améliorer leurs niveau de vie et d’assurer la stabilité de leurs familles.

Il est à noter que les femmes ne représentent que 26,5% de la population active, en Tunisie, en 2025, alors que 32% des femmes vivant en milieu rural sont analphabètes, et seules 19% d’entre elles disposent d’un revenu propre, d’après des données publiées par la Banque mondiale.