Une étude de la Bluemind Foundation menée auprès de 576 femmes au Togo met en évidence le rôle de la confiance dans la recherche de soutien psychologique. Les salons de coiffure pourraient constituer un relais vers les professionnels de santé, sans se substituer aux soins médicaux.
Au Togo, 30 % des clientes interrogées déclarent se tourner d’abord vers leur coiffeuse lorsqu’elles rencontrent une difficulté, contre moins de 1 % vers un professionnel de santé. Ce constat ressort de la Trust Study, une enquête publiée en octobre 2026 par la Bluemind Foundation.
Réalisée entre avril et juin 2026 à Lomé, Kara, Sokodé et Dapaong, cette étude exploratoire a mobilisé 576 femmes, dont 205 clientes et 371 coiffeuses.
La confiance avant la consultation médicale
Selon les résultats communiqués, la famille demeure le premier recours des clientes interrogées, avec 41 % des réponses, devant les coiffeuses (30 %) et les amies (11 %).
La proximité entre clientes et coiffeuses favorise les confidences sur les difficultés familiales, financières ou personnelles. Parmi les clientes interrogées en entretien, 89 % déclarent partager avec leur coiffeuse des informations qu’elles ne confient pas ailleurs.
Autre résultat : 99 % des clientes se disent favorables ou potentiellement favorables à une orientation vers un professionnel de santé proposée par leur coiffeuse, dont 69 % répondent « oui » et 30 % « peut-être ».
Heal by Hair : un relais, pas un traitement
Depuis 2021, la Bluemind Foundation développe le programme Heal by Hair, destiné à former des coiffeuses à l’écoute, à l’identification des situations de détresse et à l’orientation vers des professionnels qualifiés.
L’objectif n’est pas de transformer les salons en structures médicales, mais d’utiliser des relations de confiance existantes pour faciliter l’accès aux services spécialisés.
La fondation souligne toutefois que la Trust Study ne mesure ni l’efficacité thérapeutique du programme ni son impact causal sur l’accès aux soins.
Un enjeu pour les politiques de santé
Ces résultats interviennent dans un contexte où l’accès aux professionnels de santé mentale demeure difficile dans plusieurs pays africains.
Ils rejoignent les réflexions de l’Organisation mondiale de la santé sur une prise en charge davantage ancrée dans les communautés.
L’enjeu reste de transformer une première écoute en orientation effective vers des soins accessibles et qualifiés. Les données togolaises ouvrent cette piste sans démontrer, à elles seules, son efficacité à grande échelle.
Chiffres clés
- 576 Femmes participantes à l’étude
- 30 % Des clientes citent d’abord leur coiffeuse
- 41 % Des clientes citent d’abord leur famille
- < 1 % Des clientes citent d’abord un soignant
- 89 % Des clientes interrogées en entretien font des confidences exclusives à leur coiffeuse
- 99 % Des clientes ouvertes ou potentiellement ouvertes à une orientation
Source des données : Bluemind Foundation, Trust Study 2026, selon le communiqué transmis. Les pourcentages portent sur des périmètres de répondantes qui ne sont pas nécessairement identiques.


