La Tunisie aurait besoin de 15 milliards de dinars d’investissements sur cinq ans pour atteindre une production annuelle de 10 millions de tonnes de phosphate. Derrière cette estimation parlementaire, la relance dépend autant des financements que de la remise à niveau industrielle et logistique.

La relance du phosphate tunisien pourrait nécessiter un effort financier considérable. Intervenant le 12 octobre 2026 sur Express FM, Mohamed Ali Fenira, rapporteur de la Commission parlementaire de l’industrie et de l’énergie, a estimé à 15 milliards de dinars sur cinq ans les investissements nécessaires pour porter la production annuelle à 10 millions de tonnes.

Ce montant reste une estimation déclarative, sans ventilation financière détaillée publiquement disponible dans la source consultée.

Une chaîne industrielle à moderniser

L’enjeu dépasse largement les capacités d’extraction de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG). Il concerne également les laveries, le transport ferroviaire, les infrastructures industrielles et les unités de transformation du Groupe chimique tunisien (GCT).

Les difficultés sont documentées. En juin 2026, les responsables de la CPG et du GCT ont notamment signalé des contraintes de transport, des insuffisances d’approvisionnement en eau industrielle et des tensions de trésorerie.

Le transport constitue un point particulièrement sensible : selon Express FM, les quantités ferroviaires acheminées ont diminué de 22,95 % au premier semestre 2026 sur un an.

Quel financement pour les investissements ?

La mobilisation de 15 milliards de dinars soulève plusieurs questions : quelle contribution des entreprises publiques, quel recours aux emprunts et quelle place pour d’éventuels partenaires financiers ?

Ces pistes constituent des options d’analyse et non un plan de financement officiellement arrêté.

Un autre enjeu concerne la cohérence des programmes. En juin, une stratégie de la CPG présentée devant une commission parlementaire évoquait environ 2,7 milliards de dinars d’investissements pour viser 9,4 millions de tonnes de phosphate commercial en 2035.

Les deux montants ne peuvent être rapprochés sans connaître précisément leurs périmètres respectifs.

Transformer les moyens en production

La question est désormais celle de l’exécution : coordonner les investissements miniers, sécuriser l’acheminement du phosphate et améliorer la disponibilité des installations chimiques.

Un financement mobilisé ne garantit pas, à lui seul, une augmentation des volumes produits.

Pour la filière tunisienne, le véritable test sera de traduire les ambitions financières en capacités industrielles opérationnelles, selon un calendrier vérifiable.

Site Ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Energie