Face aux futures exigences européennes de contenu local, le constructeur chinois Xpeng prépare une nouvelle implantation industrielle. Au-delà des droits de douane, la politique européenne commence à peser sur les choix de production des groupes automobiles chinois.
Le constructeur chinois de véhicules électriques Xpeng prévoit d’étendre sa production en Europe pour anticiper les futures règles européennes de contenu local. L’annonce a été faite par son vice-président Yeqing Zheng au Salon automobile de Paris, selon Reuters, le 12 octobre 2026.
Cette orientation marque une évolution industrielle : pour les constructeurs chinois, accéder durablement au marché européen pourrait nécessiter davantage qu’une stratégie d’exportation. La localisation de la production et des approvisionnements devient un paramètre stratégique.
Une nouvelle capacité au-delà de l’Autriche
Xpeng dispose déjà d’une production européenne confiée à Magna International dans une usine autrichienne. Mais les capacités actuelles ne suffisent pas à ses ambitions, selon son dirigeant.
Le groupe envisage un partenariat avec un industriel local, soit pour construire une usine, soit pour utiliser un établissement existant.
La future ligne ciblerait des véhicules de gamme intermédiaire, avec des coûts de fabrication inférieurs à ceux de l’installation autrichienne.
Une décision est attendue dans les prochains mois. Le pays d’implantation, les investissements et les volumes restent inconnus.
Bruxelles veut renforcer la valeur ajoutée européenne
La Commission européenne a proposé, en mars 2026, des exigences d’origine pour certaines catégories de véhicules bénéficiant de marchés publics ou de soutiens publics.
Le dispositif prévoit notamment un assemblage dans l’Union et au moins 70 % de composants d’origine européenne, en valeur, hors batterie, dans les cas concernés.
Ces dispositions demeurent soumises au processus législatif européen.
Les batteries, prochain défi industriel
Xpeng travaille également à développer une chaîne locale d’approvisionnement. Trouver des fournisseurs de batteries répondant simultanément à ses exigences de recharge et de densité énergétique représente une difficulté reconnue par son dirigeant.
L’enjeu dépasse donc l’implantation d’une ligne d’assemblage : il concerne la localisation effective de la valeur ajoutée industrielle.
Pour l’Europe, la question devient centrale : les nouvelles règles permettront-elles d’attirer des investissements productifs et des fournisseurs, plutôt que de simplement déplacer l’assemblage final ?
La réponse dépendra des implantations effectivement décidées, des investissements engagés et de la capacité à structurer des approvisionnements locaux.


