La transformation de la Poste tunisienne en banque spécialisée reste au stade de l’étude, a confirmé son PDG, Yassine Friaa, le 13 octobre 2026. Avec 4,7 millions de comptes d’épargne et 2,2 millions de comptes courants, l’établissement dispose d’une importante base de clientèle. Mais son éventuelle évolution bancaire soulève des questions de financement, de réglementation et de concurrence.
La Poste tunisienne possède déjà une implantation majeure dans les services financiers, mais sa transformation en banque n’est pas décidée. Invité de la Radio nationale, mardi 13 octobre, son PDG, Yassine Friaa, a confirmé que le projet de banque postale spécialisée demeurait à l’étude, soulignant la complexité de l’opération.
Cette précision intervient alors que l’institution affiche un poids considérable dans l’épargne et les paiements.
Selon les chiffres communiqués par son dirigeant, la Poste gère 4,7 millions de comptes d’épargne et 2,2 millions de comptes courants. Elle dispose de 1 200 points de contact accueillant quotidiennement environ 120 000 citoyens.
À fin septembre 2026, sa contribution à l’épargne nationale était estimée à près de 25 %, selon les données institutionnelles rendues publiques le 9 octobre.
Un changement de statut aux implications multiples
L’enjeu dépasse la création d’une nouvelle enseigne. Une activité bancaire de crédit supposerait notamment un cadre d’autorisation adapté, des fonds propres suffisants, une gestion des risques et une supervision prudentielle.
Dans son étude sur la concurrence bancaire tunisienne, l’OCDE souligne que la Poste ne dispose pas d’une licence bancaire lui permettant d’accorder des crédits.
Un nouvel équilibre concurrentiel ?
Une telle évolution pourrait modifier les relations entre la Poste et les banques commerciales, particulièrement sur les segments des particuliers et des populations moins bien desservies.
Elle pourrait également renforcer l’inclusion financière. Mais cet effet dépendrait du modèle retenu, des conditions de crédit et des exigences réglementaires.
L’enjeu central n’est donc plus seulement la taille de la clientèle postale, mais la possibilité de convertir cette implantation en activité bancaire viable et encadrée.
À ce stade, aucun calendrier définitif n’est établi dans les sources consultées.
Chiffres clés
- 4,7 M Comptes d’épargne déclarés
- 2,2 M Comptes courants déclarés
- ≈ 25 % Contribution estimée à l’épargne nationale, septembre 2026
- 1 200 Points de contact annoncés


