Le ministère des Affaires sociales a élaboré des projets de loi relatifs au télétravail et à l’économie des plateformes numériques, a annoncé, ce jeudi à Hammamet, le ministre Issam Lahmar.
Ces textes visent à mettre la législation tunisienne en conformité avec les normes internationales, notamment avec la convention n° 193 de l’Organisation internationale du travail (OIT), et à définir les garanties nécessaires à la protection des travailleurs dans ces nouveaux secteurs, a précisé le ministre. Il a également souligné la nécessité d’intégrer la médiation des conflits individuels et collectifs du travail dans les dispositions du Code du travail.
Intervenant à l’ouverture d’un séminaire organisé par l’Association tunisienne des inspecteurs du travail (ATIT) sur le thème « Quel avenir pour le Code du travail face aux défis numériques ? », Lahmar a insisté sur l’urgence de moderniser un texte juridique qui ne répond plus pleinement aux mutations du monde du travail, notamment sous l’effet de l’intelligence artificielle (IA) et des avancées technologiques.
Selon le ministre, cette refonte législative est indispensable pour accompagner les transformations technologiques, soutenir la croissance économique et répondre aux aspirations des nouvelles générations, tout en renforçant les relations entre les salariés et les employeurs.
Abordant la réforme de la sécurité sociale, Lahmar a indiqué qu’elle vise à garantir la pérennité de la couverture médicale et à mettre en place un dispositif spécifique de protection sociale pour les travailleurs de l’économie informelle, tenant compte de leurs capacités de cotisation.
L’objectif est de bâtir un système plus équitable, accessible à toutes les catégories de travailleurs, au-delà de la seule préservation des équilibres financiers des caisses sociales.
Les travaux de ce séminaire, qui se poursuivent jusqu’au 9 octobre, réunissent des universitaires et des inspecteurs du travail autour de la nécessité de mettre en place un cadre juridique adapté aux mutations du monde professionnel. Les participants, dont les professeurs Nouri Mzid et Hafedh Amouri, ont souligné l’urgence d’adapter la législation aux évolutions numériques et d’intégrer l’intelligence artificielle et les outils numériques dans les programmes d’enseignement et de formation professionnelle.
De son côté, le président de l’ATIT, Hatem Helal, a indiqué que les travaux du séminaire devraient aboutir à des recommandations pratiques destinées à contribuer à la réforme du Code du travail.


