Accor, Wyndham et plusieurs investisseurs du Golfe multiplient les projets en Syrie, attirés par le rebond de la fréquentation touristique. Mais la reconstruction des infrastructures et les risques sécuritaires freinent encore la reprise.

La Syrie revient progressivement dans les stratégies de développement des groupes hôteliers internationaux. Après des années de conflit et d’isolement économique, plusieurs opérateurs explorent les possibilités d’investissement dans un pays où la reconstruction pourrait ouvrir de nouveaux marchés.

Selon Reuters, le groupe français Accor mène des négociations avancées pour deux projets, tandis que l’américain Wyndham Hotels & Resorts prospecte à Damas et dans les destinations balnéaires du littoral. Minor Hotels examine également des possibilités de transformation de bâtiments historiques en établissements de charme.

Une fréquentation portée par la diaspora

Ce regain d’intérêt accompagne une progression spectaculaire des arrivées.

Selon le ministère syrien du Tourisme, le pays a accueilli 3,52 millions de visiteurs au premier semestre 2026, contre 1,67 million un an auparavant, soit une augmentation de 111 %.

Cette fréquentation repose largement sur les Syriens expatriés, qui représentent 2,13 millions de visiteurs. Les arrivées de touristes étrangers atteignent 719 000, tandis que celles des touristes arabes s’élèvent à 664 000.

Ces chiffres signalent une reprise de la mobilité, sans démontrer encore une relance équivalente des recettes touristiques.

Des milliards annoncés, des projets à concrétiser

Les promoteurs du Golfe se positionnent également. Eagle Hills prépare deux développements immobiliers à Damas et à Lattaquié, tandis qu’Emaar envisage d’autres investissements. Le promoteur émirati Arada a annoncé un projet évalué à 7 milliards de dollars.

Ces annonces témoignent d’un intérêt pour le marché syrien, mais leur réalisation dépendra des financements, des infrastructures et de la stabilité du pays.

Le défi des infrastructures et de la sécurité

La modernisation hôtelière constitue un chantier considérable. Les paiements électroniques restent limités, tandis que les épisodes de violence continuent de peser sur l’attractivité touristique.

La Banque mondiale estime à 216 milliards de dollars le coût global de la reconstruction physique syrienne.

Pour les investisseurs, l’enjeu dépasse donc l’ouverture de nouveaux hôtels : il s’agit de transformer une demande naissante en activité économique durable. Le tourisme pourrait devenir l’un des premiers secteurs à bénéficier de la reconstruction, à condition que les projets annoncés se concrétisent.

SANA