La prochaine étape de mise en œuvre de l’accord relatif à la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) nécessite un plus grand engagement du secteur privé tunisien et une exploitation des potentialités offertes par l’accord pour propulser sur les marchés africains et renforcer la présence des entreprises tunisiennes sur le continent, selon la chargée de la coopération commerciale avec l’Afrique au ministère du Commerce et du Développement des exportations, Bochra Ellejmi .
Intervenant lors des travaux du programme régional d’appui aux petites et moyennes entreprises : “la cohorte régionale pour l’Afrique du Nord”, qui se tiennent à Tunis du 6 au 9 octobre, Ellejmi a expliqué que le choix de la Tunisie pour abriter cette manifestation par le secrétariat de la Zlecaf revient aux progrès accomplis dans la mise en œuvre de l’accord, le pays figurant parmi les pionniers du processus d’intégration africaine et parmi les premiers pays à avoir adhéré à l’initiative du commerce destiné dans le cadre de la Zlecaf depuis 2022.
Elle a ajouté que le programme vise particulièrement à former les micro, petites et moyennes entreprises ainsi que le secteur privé, à tirer profit des avantages de l’accord, soulignant que le secteur privé représente le principal bénéficiaire, ce qui requiert, du coup, de faire davantage connaître les opportunités disponibles et d’établir des relations d’affaires avec les entreprises africaines.
Elle a indiqué que la Tunisie a enregistré, depuis son adhésion à la Zlecaf et jusqu’au 2 octobre, quelque 532 opérations commerciales avec plusieurs pays africains où la représentation commerciale fait défaut, la toute première opération commerciale directe dans le cadre de l’accord ayant eu lieu en mai 2023.
L’oratrice a précisé que les opportunités d’investissement offertes aux entreprises tunisiennes sur le continent concernent notamment les secteurs des industries mécaniques, de l’industrie automobile, des industries chimiques et pharmaceutiques et des services, outre des domaines où la Tunisie dispose d’une expertise reconnue à l’instar de la santé, des matériaux de construction et des services de santé, soulignant que les compétences tunisiennes sont très demandées sur plusieurs marchés africains et jouissent d’une bonne réputation.
Elle a fait savoir qu’une étude réalisée par le Centre de promotion des exportations (CEPEX) a montré que les opportunités non exploitées par les entreprises tunisiennes sur les marchés africains se concentrent essentiellement en Afrique de l’Ouest, notamment au Cameroun, en Côte d’Ivoire et au Sénégal.
Dans ce contexte, Ellejmi a annoncé qu’une délégation officielle tunisienne et du secteur privé se rendra au Sénégal, du 7 au 9 octobre en cours, pour promouvoir l’huile d’olive tunisienne dans le cadre de la Zlecaf, à travers la tenue de rencontres avec des entreprises sénégalaises, le ministère du Commerce et de l’Industrie et plusieurs sociétés, dans le but d’encourager le Sénégal à activer l’accord afin de réaliser des avantages mutuels en faveur des deux pays.
Elle a expliqué que le Sénégal n’a pas encore entamé l’application de l’accord de la Zlecaf, en dépit des opportunités d’investissement importantes qu’il offre aux entreprises tunisiennes, dont une grande partie demeure inexploitée.
De son côté, le vice-président de la Chambre nationale des sociétés de commerce international relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), Zied Jouadi, a fait savoir que 450 certificats d’origine ont été émis pour l’exportation de produits tunisiens vers l’Afrique depuis la signature par la Tunisie de l’accord de la Zlecaf le 21 mars 2018.
Il a précisé que plus de 80 % des entreprises exportatrices sont des sociétés de commerce international et contribuent de manière significative aux exportations tunisiennes vers l’Afrique, signalant que les entreprises tunisiennes exportatrices ont renforcé leur position sur le continent après leur adhésion au COMESA et à la Zlecaf, et s’orientent actuellement vers l’ouverture de davantage de succursales à travers le continent.
Il a ajouté que les échanges commerciaux avec l’Afrique ne dépassaient pas auparavant 3 % du total des exportations tunisiennes, avant d’enregistrer une progression grâce aux accords commerciaux, signalant l’existence d’environ 800 entreprises totalement exportatrices vers le marché africain.
Le programme de la manifestation, organisée par le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine, comporte des sessions de formation au profit des exportateurs et des structures d’appui aux entreprises portant sur les règles et les certificats d’origine ainsi que sur les documents commerciaux adoptés dans le cadre de l’accord, outre des rencontres destinées aux, petites et moyennes entreprises (PME) concernant les solutions financières et non financières, ainsi que les aspects liés à la douane, à la logistique et aux chaînes d’approvisionnement.
Cette manifestation vise à améliorer la préparation des PME à accéder aux marchés africains, à renforcer leurs capacités et à faciliter leur accès au financement et aux services.


